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La révolution du 19 avril

2011-04-19

Une cérémonie commémorant le 51ème anniversaire des mouvements démocratiques du 19 avril, a eu lieu au Cimetière national de l’insurrection estudiantine qui se trouve dans le nord de Séoul. Ce rendez-vous annuel rend hommage aux sud-Coréens qui se sont insurgés contre le régime autoritaire du président de l’époque, Syngman Rhee, qui ont dénoncé les fraudes électorales et qui ont manifesté pour faire entendre, parfois au prix de leur vie, la voix de la démocratie.

Cette année, la célébration devait être marquée par les excuses officielles et publiques de l’un des descendants de l’ancien président aux familles des centaines d’étudiants tués lors de la répression des manifestations, mais il n’a finalement pas pu être présent.


La révolution du 19 avril

La révolution du 19 avril désigne les mouvements démocratiques conduits par les étudiants en avril 1960. Les sud-Coréens la nomme aussi « révolution d’avril » ou encore « mouvements démocratiques du 19 avril ».

Ces soulèvements trouvent une de leurs justifications dans les élections de 1960. Le 15 mars, le président sortant Syngman Rhee était réélu pour la 4ème fois. Cependant, lors du scrutin de nombreuses fraudes électorales avaient eu lieu et ce fut la goutte qui fit déborder le vase.

Syngman Rhee, en 1948, fut le premier président de la Corée du Sud, et il fut donc naturellement présenté comme le père de la jeune nation sud-coréenne. Mais ses ambitions politiques et son désir de garder le pouvoir lui firent vite oublier les combats menés pour la démocratie durant la guerre. Bien avant 1960, lors des précédentes élections, le président Rhee avait déjà « arrangé » les résultats des votes. En 1952, pour pouvoir conserver son fauteuil, il avait même fait amender de force la constitution pour supprimer la clause qui limitait à deux les mandats exercés par un même président. En 1956, il décréta la loi martiale pour faire cesser les mouvements de contestations qui se faisaient jour contre son gouvernement despotique.

Les élections du 15 mars 1960, démontraient une nouvelle fois aux sud-Coréens que leur gouvernement était corrompu et qu’ils vivaient en autocratie. Et ainsi, naturellement, des révoltes lycéennes et estudiantines eurent lieu dans l’ensemble du pays. Le 11 avril 1960, on découvrait dans la baie de Masan (au sud du pays) le corps sans vie de Kim Ju-yeol, un étudiant de l’école de commerce de Masan qui avait été arrêté par la police après avoir participé à une manifestation antigouvernementale. La nouvelle de la découverte macabre se répandit comme une trainée de poudre et toute la jeunesse sud-coréenne allait désormais converger vers le palais présidentiel entraînant la chute du despote le 26 avril.


Une révolution incomplète

L’insurrection civile démocratique du 19 avril est très souvent qualifiée « d’incomplète ». En effet, même si elle a débuté comme un soulèvement des étudiants et que ce mouvement a réussi à renverser le régime dictatorial, les étudiants n’ont cependant pas pris le pouvoir. Le gouvernement démocratique qui a suivi ne resta pas longtemps en place et en 1961, eu lieu un coup d’Etat militaire.

Une révolution incomplète ne signifie cependant pas une révolution manquée et les mouvements du 19 avril ont posé les bases sur lesquelles s’appuie encore la démocratie d’aujourd’hui.


Des excuses officielles

L’ancien président Syngman Rhee mourut en 1965 sans jamais s’être excusé ni auprès des familles des victimes, ni auprès des manifestants. Son fils adoptif, Rhee In-Soo devait présenter ses excuses à l’occasion de ce triste anniversaire pour le rôle joué par son père dans cette tragédie, mais elles n’ont finalement pas eu lieu. Bien que tardives et loin de mettre un terme à un chapitre douloureux de l’histoire la Corée du Sud, ces excuses devaient offrir un apaisement aux familles des victimes et un sentiment de reconnaissance aux manifestants, mais elles sont finalement reportées.

L’Histoire doit être évaluée objectivement, les tensions doivent être libérées afin de pouvoir prendre le recul nécessaire pour transmettre les faits. Il en va de même pour les actes du président Rhee au cours de ses 12 années de pouvoir. En effet, même si l’image qu’il reste de ce premier président est celle d’un dictateur, il ne faut pas oublier qu’il a joué un rôle déterminant dans l’établissement d’une république démocratique aux premières heures de la jeune Corée du Sud.

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