Le roi Geunchogo de Baekje

2010-12-17

Nombreux sont ceux qui pensent que le plus puissant monarque de l’histoire de la Corée est le roi Gwanggaeto le Grand, qui a régné sur toute l’Asie du Nord-est. Un autre roi s’est pourtant, lui aussi, distingué par ses multiples conquêtes territoriales : il s’agit du roi Geunchogo, 13ème roi de Baekje. Pendant son règne, Baekje a écrasé Goguryeo au nord, les tribus de Mahan au sud, ainsi que le royaume Gaya au sud-est. Le roi Geunchogo a établi également des liens avec le Japon.
Il fut le premier roi de Baekje à apparaître dans les registres historiques chinois et japonais, ce qui démontre l’importance qu’on lui reconnaissait alors en Asie, de même que le statut dont jouissait son royaume.

Le roi Geunchogo était le second fils du roi Biryu. On suppose qu’il est né au début du IVème siècle. En fait, peu de documents historiques mentionnent son nom. Même « L’histoire des trois royaumes », ouvrage connu sous le nom coréen de « Samguk Sagi », ne précise ni l’identité du premier fils du roi Biryu, ni la raison pour laquelle c’est son frère cadet qui a accédé au trône. On trouve néanmoins de nombreuses preuves des contributions historiques du roi Geunchogo. Ses exploits militaires ont commencé en 369, avec la victoire de la bataille de Chiyang contre Goguryeo, où il écrasa l’armée du roi Gogukwon, 16ème roi de Goguryeo qui, fort de ses 20 000 soldats, tentait d’envahir Baekje.

A la même époque, le roi Geunchogo étendait le territoire de Baekje au sud par l’annexion des tribus de Mahan et du royaume de Gaya. Baekje disposait d’armes puissantes, grâce à son utilisation avancée du fer ; les soldats de Baekje pouvaient, par ailleurs, manier leurs armes tout en montant leur cheval, tandis que leurs adversaires de Mahan ou de Gaya étaient essentiellement de simples fantassins. L’armée de Baekje traversa d’abord les montagnes Sobaek pour conquérir sept petits Etats du royaume de Gaya et elle continua sur sa lancée en s’emparant de quatre territoires correspondant à la province du Jeolla actuelle, puis des tribus de Mahan. La force militaire de Baekje permit au roi d’asseoir son pouvoir et ses premières conquêtes lui donnèrent la confiance et l’inspiration de s’attaquer à Goguryeo.

Deux ans après que l’armée du roi Geunchogo a anéanti Goguryeo lors de la bataille de Chiyang, l’adversaire défait essaya à nouveau d’envahir Baekje, sans succès. L’hiver de la même année, le roi Geunchogo prit la tête d’une armée de 30 000 soldats pour attaquer Pyongyang, la capitale de Goguryeo, et tua le roi Gogukwon. L’armée de Baekje avança même jusqu’à la commanderie chinoise de Daifang. Le roi Geunchogo réalisait ainsi la plus grande expansion territoriale de l’histoire de Baekje.

En 371, Baekje chercha à tisser des liens diplomatiques à l’étranger. L’année suivante, Baekje établit des relations diplomatiques avec la dynastie chinoise des Dongjin, qui lui servirent de tremplin pour son expansion à l’étranger. Baekje avança dans la région de Yoseo alors que la Chine traversait une période perturbée, et y établit une base commerciale. Grâce à ses succès politiques et militaires, à une économie prospère et à une culture florissante, le royaume de Baekje assura la diffusion des caractères chinois et des enseignements confucéens et devint le nouveau centre commercial de l’Asie du Nord-est. Cette réussite est essentiellement due au roi Geunchogo. Avant sa mort en 375, le roi demanda à l’un des érudits de son royaume de rédiger un livre d’histoire, « Seogi », relatant les exploits de Baekje. Or ce livre fut perdu lorsque Baekje s’écroula, si bien que de nombreux faits liés à la vie exceptionnelle du roi Geunchogo restent à ce jour enveloppés de mystère.

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