• De Heungnam à Geoje

  • 60 ans après la signature de l’armistice qui mit un terme à la guerre de Corée, nous revenons sur le parcours de ces dizaines de milliers de réfugiés nord-coréens qui ont fui leur terre natale, à l’aube du conflit, pour rejoindre le Sud.

    En ce jour glacial d’hiver 1950, sur la côte est de la péninsule, près de 100 000 personnes attendent sur le quai de Heungnam un navire qui pourra bien les conduire au Sud. L’opération d’évacuation est réservée aux soldats, et il faudra attendre que le commandement opérationnel, entre les mains de l’Onu et des troupes américaines, se ravise et décharge le matériel militaire pour laisser place aux réfugiés à bord.




    Le 24 décembre, le Meredith Victory entre dans le port de Busan. Il faudra patienter deux jours supplémentaires pour que les réfugiés soient autorisés à débarquer sur l’île de Geoje, un peu plus au sud, là où les paysages verdoyants contrastent avec le blanc omniprésent de l’hiver au Nord.

    Grâce au témoignage de réfugiés qui ont vécu ce périple en mer, nous allons comprendre ce qui a poussé des milliers de personnes à tout laisser derrière elles, et parfois leur famille, pour prendre un nouveau départ à quelques centaines de kilomètres de là, en Corée du Sud.




    L’un de ces réfugiés, Lee Gyeong-pil, est né le 25 décembre 1950, quelques minutes seulement avant que le Meredith Victory ne dépose l’ancre dans le détroit de Corée.

    Un autre, Gang Wi-bin, a dû fuir les soldats de l’armée communiste chinoise qui faisaient route vers sa ville natale de Seongjin. Aidé de son père, il est parvenu à monter à bord d’un train de réfugiés bondé, laissant derrière lui sa mère et ses frères et soeurs qu’il ne reverra jamais.

    Nous découvrons également l’histoire des habitants de l’île de Geoje, des individus modestes mais qui se sont dévoués pour prendre en charge les réfugiés dès leur arrivée.

    Nous avons recueilli le témoignage de Kim Im-soon, directrice de l’orphelinat Aegwangwon, construit peu après l’arrivée des réfugiés sur l’île. C’est suite à la découverte de sept nouveaux-nés abandonnés qu’elle s’est lancée dans cette aventure. 60 ans après, l’orphelinat est devenu l’un des meilleurs centres de protection sociale du pays.