PyeongChang 2018 : la crise de la péninsule coréenne et les JO

Publié le: 2017-10-03

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Sur fond de provocations nord-coréennes, les tensions ne cessent de s’aggraver sur la péninsule, mais il n’en demeure pas moins que les JO d’hiver de PyeongChang demeurent grande fête planétaire. La récente crise est loin de mettre en péril son organisation, au contraire elle met en valeur le message pacifique de l’événement. Evidemment, celui-ci résonne aujourd’hui avec l’actualité du monde tout comme c’était le cas il y a 30 ans lors des Jeux olympique d’été de Séoul en 1988. En vérité, le dossier nord-coréen suscite une préoccupation croissante dans le monde, et certains portent un regard gêné sur ces jeux. La presse internationale a annoncé par exemple que Paris et Vienne envisageraient de ne pas y participer pour cause de sécurité. Mais Séoul a coupé court à tout problème du genre comme l’a fait le Comité international olympique (CIO), et les deux gouvernements européens ont aussi étouffé l’affaire.

 

Concernant la France, la ministre des Sports aurait tenu, jeudi 21 septembre, les propos en question selon l’Agence France Presse (AFP). En effet, Laura Flessel a annoncé refuser dans une interview télévisée d’envoyer les Bleus à PyeongChang 2018 tant que leur sécurité n’y serait pas assurée. « On ne mettra jamais notre équipe de France dans l’insécurité » a-t-elle déclaré. Cependant, elle n’a pas oublié d’ajouter qu’il n’est pas encore temps de l’envisager, et a demandé « surtout de ne pas inquiéter cette équipe de France qui travaille déjà depuis plus de quatre ans ». En réalité, le gouvernement français a officiellement confirmé la participation de ses athlètes. Flessel a affirmé lors de sa rencontre avec son homologue sud-coréen Roh Tae-kang, deux jours plus tard, qu’elle n’avait jamais mentionné ou pris en compte une telle hypothèse.

 

L’Autriche a, elle aussi, balayé les doutes sur la non-participation de sa délégation. Pour rappel, le président du Comité olympique autrichien Karl Stoss a annoncé que « si la situation se dégrade et que la sécurité de nos sportifs n’est plus garantie, nous ne nous rendrons pas en Corée du Sud ». Sans surprise, cette déclaration a fait polémique, mais il a aussitôt précisé dans un mail adressé au comité d’organisation des JO de PyeongChang qu’il n’avait pour l’heure aucune inquiétude à exprimer à ce sujet. De son côté, le CIO se montre inébranlable pour une organisation sûre de l’événement. « Il n’y a pas de plan B » a martelé son président Thomas Bach le 23 septembre dernier, en amont de l’Assemblée générale du comité. Depuis, sa position reste inchangée. « Parler d’un autre scénario risque d’envoyer un faux message » a-t-il souligné en estimant que « cela va d’ailleurs à l’encontre de notre conviction pour la paix et la diplomatie ». C’est sur cette volonté ferme du comité que reposent les positions prises par la France et l’Autriche.

 

En parallèle, la Corée du Sud n’a de cesse d’envoyer des signaux rassurants. Le président Moon Jae-in a fait part à maintes reprises de ses efforts pour organiser les compétitions internationales pacifiquement, à la tribune des Nations unies comme lors de son rendez-vous avec Thomas Bach. En particulier, il compte déposer à l’Onu un projet de résolution sur un cessez-le-feu, qui serait adopté le 13 novembre prochain. Si de nombreux pays membres l’approuvent comme prévu, la communauté internationale n’aura pas de souci à se faire pour la sûreté durant la grande fête sportive. Cette initiative a de plus reçu l’onction du président du CIO. Celui-ci s’est félicité du fait que le projet soit déjà salué par bon nombre d’Etats. Le dirigeant sud-coréen ne s’arrête pas là. Il met en avant un autre gage de sécurité encore plus rassurant, qui est la participation de Pyongyang aux compétitions. Si son voisin du Nord acceptait cette invitation, l’événement sportif contribuerait sans conteste à calmer les tensions sur la péninsule, voire à asseoir la paix dans le monde.

 

Certes, la péninsule coréenne est aujourd’hui coupée en deux laissant le Nord et le Sud techniquement en guerre, et cette confrontation est la source de divers problèmes. Mais cela n’a jamais empêché le pays d’accueillir des événements internationaux avec succès et en toute sécurité. Rien qu’en 1988, les JO de Séoul ont servi de tremplin pour surmonter les contraintes liées à la division de la péninsule d’une part, et pour mettre fin à la guerre froide d’autre part. Quant à la Coupe du monde 2002, les sud-Coréens ont su en profiter pour mettre en valeur leur culture. A cinq mois des prochains jeux d’hiver, Séoul s’attend désormais à pouvoir de nouveau envoyer au monde un message d’union et de paix.

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