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Quel coût pour la mise en œuvre de l’accord de Panmunjom ?

#Info plus l 2018-09-12

Journal

ⓒKBS News

Le président sud-coréen se montre de plus en plus déterminé pour mener à bien son troisième sommet avec le dirigeant nord-coréen. Afin d’y parvenir, Moon Jae-in a appelé ses homologues américain et nord-coréen à prendre une décision audacieuse, tout en exhortant les formations politiques du pays à travailler main dans la main au-delà des intérêts partisans. Dans un contexte où l’accord intercoréen de Panmunjom est soumis à l’approbation parlementaire, il semble difficile de bénéficier de l’opposition.


D’abord, la Maison bleue s’est vu refuser son invitation lancée aux partis rivaux pour la visite à Pyongyang dans le cadre du prochain sommet intercoréen. Quant à l’accord de Panmunjom, la perspective de sa ratification par les députés est mauvaise dans un contexte de forte opposition des conservateurs. Ce qui cause problème, c’est le coût de la mise en œuvre du pacte. Dans un document soumis à l’Assemblée nationale avec le projet de ratification, le gouvernement l’estime à 471 milliards de wons, soit environ 360 millions d’euros pour 2018. Ce montant représente une hausse de 298 milliards de wons, ou 228 millions d’euros par rapport au budget de cette année alloué à la coopération économique intercoréenne. Si l’on prend en compte le budget pour 2019, on arrive à un montant de 643 milliards de wons, environ 492 millions d’euros, pour réaliser le projet de connexion des chemins de fer et des routes entre les deux Corées ainsi que le projet de coopération forestière.


Le Parti Liberté Corée, la première formation conservatrice, et le Bareun-Avenir, la deuxième force d’opposition, de centre-droit, remettent en question la proposition de l’exécutif dont l’horizon se limite à 2019. Ils l’ont qualifié de « stratagème du gouvernement », arguant qu’il convient de présenter un impact budgétaire sur cinq, voire dix ans, lorsqu’un projet de ratification est soumis au Parlement. Lorsqu’on regarde les propositions du gouvernement, le projet de modernisation des chemins de fer et des routes représente le coût le plus important avec 295 milliards de wons, à savoir 225 millions d’euros. Selon les autorités publiques, la coopération Séoul-Pyongyang en matière de sylviculture et les échanges dans les domaines de la société, de la culture et des sports nécessiteront respectivement 113,7 et 20,5 milliards de wons, à savoir environ 87 et 15 millions d’euros. Le budget dédié aux retrouvailles des familles séparées a triplé pour atteindre 33,6 milliards de wons, c’est-à-dire 26 millions d’euros. Dernièrement, le bureau de liaison intercoréenne de Gaeseong pourra bénéficier d’une subvention de 8,3 milliards de wons, à savoir environ 6 millions d’euros. Selon les opposants, le gouvernement a tenté de minimiser les coûts en éliminant les frais nécessaires à la mise en place des projets.


L’estimation des dépenses présentée par le gouvernement présente un grand écart par rapport à celles dressées par des organismes privés. A titre de comparaison, la Commission des services financiers (FSC) a évalué à 153 000 milliards de wons, environ 117 milliards d’euros, les coûts nécessaires aux investissements dans les infrastructures nord-coréennes dans son rapport publié en 2014. Face à ces critiques, le ministère sud-coréen de la Réunification s’est engagé à présenter les chiffres exacts après avoir déterminé les détails de différents projets intercoréens.

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