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Peine de mort : qu’en pensent les sud-Coréens ?

#Info plus l 2018-10-11

Journal

ⓒYONHAP News

Hier, c’était la 16e journée mondiale contre la peine de mort. En Corée du Sud, le « châtiment suprême » est toujours prévu par le code pénal, bien qu’aucune exécution n’ait eu lieu depuis le 30 décembre 1997. Le pays figure ainsi parmi les 36 qui ont aboli de facto la peine capitale. Avec un total de 106 Etats ayant légiféré sur cette abolition, ce sont près de deux tiers des nations dans le monde qui ne donnent pas la mort comme châtiment dans l’esprit de respect de la vie et des droits de l’Homme.


De plus en plus de sud-Coréens s’opposent eux aussi à la peine de mort. D’après un sondage publié hier par le « Rassemblement pour l’abolition de la peine de mort », 66,9 % se sont prononcés en faveur de l’abolition. Il faut dire que l’opinion publique varie selon les circonstances. Par exemple, après l’arrestation de tueurs en série, le nombre des partisans de la peine capitale augmente. Mais en règle générale, il y a plus d’opposants que d’adhérents, en raison notamment des risques de jugements erronés ou encore des abus du système par le pouvoir.


Pourquoi le pays a-t-il tant de mal à légiférer ? C’est que ceux qui s’opposent à l’abolition manifestent leur volonté de lutter avec force. En effet, seuls 45,5 % ont répondu qu’ils l’accepteraient, alors que 47,5 % ont déclaré qu’ils s’y opposeraient de manière active. Dans ce contexte, l’attention devrait se porter sur la mise en place de châtiments alternatifs. Sans peines de substitution efficaces, l’opinion publique devrait rester plutôt favorable au maintien de la peine de mort. On évoque notamment des peines de prison à perpétuité sans mise en liberté provisoire, associées de compensation des dommages engendrés à titre punitif. Autrement dit, même si l’abolition définitive de la peine capitale n’est pas pour demain, il est temps de mettre ce sujet dans le débat public.

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