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Chantiers navals sud-coréens : Tokyo dénonce un soutien « illégal » de l’Etat

#Info plus l 2018-11-07

Journal

ⓒGetty Images Bank

La tension entre Séoul et Tokyo monte d’un cran, cette fois-ci en matière de commerce. Le Japon a lancé une procédure devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre la Corée du Sud, en l’accusant de soutenir illégalement ses chantiers navals. Selon lui, un soutien financier public estimé à environ 9,2 milliards d’euros a été apporté lors de la restructuration de Daewoo Shipbuilding and Marine Engineering, ce qui aurait permis à l’entreprise de remporter des contrats à bas prix sur le marché international. Le pays voisin a également pointé du doigt les procédures de restructuration lancées par d’autres constructeurs navals comme Sungdong et STX.


De son côté, le gouvernement sud-coréen estime que ces soutiens ont été mis en œuvre conformément aux règlements internationaux suivant une logique commerciale. Il a exprimé sa volonté de fournir toutes les explications lors des discussions bilatérales. Pourtant, les deux pays auront du mal à trouver un compromis dans un court délai. Le fait que le Japon a porté plainte contre la Corée du Sud est sans doute lié au retour en force des chantiers navals sud-coréens. Détrôné depuis sept ans, le pays du Matin clair devrait retrouver son rang de leader mondial en matière de construction navale cette année.


Pourtant, la prédominance des entreprises sud-coréennes ou chinoises en la matière ne date pas d’hier. C’est la raison pour laquelle certains disent que l’initiative japonaise est liée au récent verdict de la Cour suprême qui a ordonné à Nippon Steel l’indemnisation des travailleurs forcés sud-coréens. Les autorités japonaises ont nié cette hypothèse en qualifiant la plainte déposée auprès de l’OMC de « simple hasard du calendrier ». En même temps, elles ont laissé entendre que ce dossier commercial pourrait « constituer une carte diplomatique ». Ce propos montre que la décision de la plus haute juridiction sud-coréenne a pesé en quelque sorte. Tokyo semble faire appel à la diplomatie tous azimuts contre Séoul.


En dehors du conflit lié à la construction navale, les deux pays s’affrontent à l’OMC dans d’autres domaines aussi. L’organisation doit trancher sur deux autres conflits. Le premier concerne l’interdiction par la Corée du Sud de l’importation des produits alimentaires originaires du département de Fukushima. Le deuxième est lié aux droits de douane antidumping que Séoul applique aux vannes pour air comprimé nipponnes.

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