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Chun Doo-hwan comparait devant le tribunal pour diffamation

#Gros plan sur l'actualité l 2019-03-16

Journal

ⓒYONHAP News

L'ancien président de la République Chun Doo-hwan a comparu lundi devant le tribunal du district de Gwangju, dans le sud-ouest de la Corée du Sud. Il est accusé d'avoir porté atteinte à l'honneur du prêtre catholique Cho Pius, décédé en septembre 2016, en formulant de fausses affirmations dans ses mémoires publiées en avril 2017. L’audience a commencé à 14h30 pour durer une heure et quart.


Aujourd’hui âgé de 88 ans, l’ex-dictateur a traité le père Cho de « menteur ». En mai 2018, il a été inculpé pour diffamation à l'honneur des défunts. De son vivant, le religieux a témoigné avoir vu des tirs effectués contre des civils depuis des hélicoptères militaires au cours du soulèvement démocratique de mai 1980 qui s'est déroulé à Gwangju. Dans ses mémoires, Chun a qualifié ce soulèvement d’« émeutes », nié les tirs sur la population depuis des hélicoptères et qualifié le prêtre défunt de « menteur sans vergogne ».


La « diffamation à l'honneur des défunts » est une infraction définie comme une allégation fausse de nature à porter atteinte à la mémoire des personnes décédées. Elle est passible d'une peine maximale de deux ans de prison ou d'une amende de 5 millions de wons, soit environ 3 900 euros. Depuis son inculpation, Chun Doo-hwan a évité de comparaître devant le tribunal en évoquant des problèmes de santé, en demandant un changement de tribunal compétent ou un report du procès. Mais, le 7 janvier dernier, le tribunal du district de Gwangju a émis un mandat d'amener à son encontre. Finalement, l'ancien chef de l’Etat s'est présenté lundi devant les juges.


La question qui se pose est de savoir si l'accusé a insulté le père Cho en s'appuyant sur des affirmations qu'il savait fausses. Les avocats de Chun considèrent que les tirs effectués depuis des hélicoptères lors du soulèvement de Gwangju ne constituent pas des faits réels, mais sont toujours sujets à contestation. Selon eux, les propos tenus par leur client au sujet de ces tirs relèvent de la liberté d'expression reconnue aux individus.


Cependant, plusieurs enquêtes ont montré que ces événements ont réellement eu lieu en mai 1980, à Gwangju. Des traces de balles ont été retrouvées sur le mur d'un immeuble qui, selon les témoins, était la cible de tirs d'hélicoptères. Une commission spéciale du ministère de la Défense a pour sa part révélé l'existence de documents confidentiels attestant de tirs effectués depuis des hélicoptères sur les manifestants les 21 et 27 mai 1980.


L'ancien général Chun Doo-hwan a pris le pouvoir à la suite d'un coup d'Etat militaire perpétré en décembre 1979. En mai 1980, il a réprimé la manifestation des habitants de Gwangju pour la démocratie, avant d'être élu président au suffrage indirect en août de la même année. La prochaine audience du procès est prévue le 8 avril.

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