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Table printanière de Muju (II)

#Saveur du terroir l 2019-04-09

Séoul au jour le jour

ⓒ KBS

Muju est souvent cité comme une destination à ne pas manquer pour apprécier les différentes fleurs au printemps. D’ailleurs, durant la saison de floraison des cerisiers, elle grouille de visiteurs coréens et étrangers qui viennent apprécier la montagne Deokyu parée de couleur rose.

Comme la semaine dernière, « Saveur du terroir » part dans le district de Muju afin d’y apprécier les délices printaniers.


ⓒ KBS

Notre première destination cette semaine est le village Naedo-ri qui est constitué de deux parties : l’île de devant et l’île de derrière, séparées par un cours d’eau du fleuve Geumgang. Dans le passé, il fallait donc prendre un bateau pour se déplacer d’un côté à l’autre. Les habitants de l’île de derrière ont alors construit eux-mêmes dans les années 1970 un petit chemin étroit de 8,5 km le long du flanc escarpé pour permettre aux enfants d’aller à l’école. Ainsi, les enfants et les habitants de ce quartier qui était isolé par le fleuve devant et la montagne derrière, pouvaient rejoindre les autres villages. 

En descendant sur ce chemin, on observe un paysage particulier des gens qui pêchent de manière traditionnelle. Appelé « byeorakchiggi », ce qui signifie le « travail bâclé », cette technique consiste à taper fort les pierres au fond des eaux pour faire émerger les poissons momentanément sonnés.  


Avec les différents poissons d’eau douce ainsi attrapés, on prépare une des spécialités représentatives de Muju : la soupe de poisson « eojuk ». Dans le bouillon infusé de pâte de piment rouge et de soja fermenté, on trempe tous les poissons et différents légumes avant de les cuire longtemps. Bien pimenté et appétissant, il s’agissait d’un plat que mêmes les hommes pouvaient préparer facilement en plein air non loin du lieu de pêche. Bien sûr, ces poissons, on les prépare également en grillade en les faisant cuire sur le gril. 

Quant aux escargots d’eau douce « daseulgi », ils étaient souvent utilisés comme ingrédients des mets. Lorsqu’il n’y avait pas grand chose à manger, les femmes allaient pêcher les daseulgi dans les cours d’eau. On peut en préparer de la soupe à la pâte de soja fermenté « daseulgi doenjangguk », ou   le « daseulgimuchim » en les assaisonnant avec le doenjang et de l’huile de sésame et un peu de sauce soja. Comment le mange-t-on ? Avec un cure-dent, on dégage l’escargot de sa coquille. Il s’agit d’une sorte de jeu autour de la table  qui fait rire toute la famille.  


ⓒ KBS

Déplaçons-nous à Chorimaeul. Vu les conditions climatiques de la région, on observe parfois de la neige même aux mois de mars et avril. Mais ce qui est bien dans ce village où le printemps arrive lentement, c’est qu’on y trouve en abondance le « chik », ou maranta, une plante remplie d’éléments nutritifs notamment en cette période de l’année. Même consommé cru, il donne une saveur à la fois amère et douce. En vue de profiter au maximum des éléments gustatifs et nutritifs de cette plante monocotylédone, les riverains l’utilisent de diverses manières dans leur cuisine locale. 

Tout d’abord, avec de l’eau infusée de maranta, on la mélange à la poudre de riz pour en préparer le gâteau de riz « gaetteok », ou l’ajoute dans la pâte de farine pour en faire des nouilles « chikkalguksu ». Les nouilles à base de chik deviennent bien fermes sous la dent, et la soupe bien dense. Quant aux fleurs de chik qui remplissent les collines en été, on les prend, puis les fait sécher avant de les mélanger avec du sucre pour en faire du thé « chikcha ». 


Face au fléau des particules fines, devenues un casse-tête dans la société sud-coréenne, le chik attire de plus en plus l’attention grâce à ses effets de désintoxication et de décomposition des métaux lourds. 

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