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Séoul s’engage à mobiliser tous les moyens pour faire face à la volatilité des marchés

#Gros plan sur l'actualité l 2019-08-10

Journal

ⓒYONHAP News

Le gouvernement mobilisera tous les moyens disponibles pour réagir avec rapidité et audace à l'accroissement de la volatilité sur les marchés financiers, qui résulte de la multiplication des facteurs de risque internes et externes. C'est ce qu'a indiqué le vice-Premier ministre à l'économie et ministre des Finances, Hong Nam-ki, lors d'une réunion sur la macroéconomie et les finances organisée le 7 août. Cette réunion a été convoquée en urgence dans un contexte marqué par les incertitudes engendrées par le retrait de la Corée du Sud de la « liste blanche » du Japon et par la désignation de la Chine comme un pays « manipulateur de devise » par les Etats-Unis.


Les réunions sur la macroéconomie et les finances sont d'habitude présidées par un ministre adjoint des Finances. Mais celle de mercredi dernier a réuni non seulement le vice-Premier ministre Hong, mais aussi le gouverneur de la Banque de Corée (BOK) Lee Ju-yeol,  le président de la Commission des services financiers (FSC) Choi Jong-ku et le chef du Service de supervision financière (FSS) Yoon Suk-heon, et ce pour la première fois depuis la réunion du 4 septembre 2017, tenue juste après le sixième essai nucléaire de la Corée du Nord.


D’après le vice-Premier ministre Hong Nam-ki, l’exécutif ne ménagerait pas ses efforts pour stabiliser les marchés. Il envisage d'assouplir le régime des rachats par les sociétés de leurs propres actions et de renforcer la régulation sur les ventes à découvert. En parallèle, le gouvernement cherchera à relancer l'investissement et les exportations durant le second semestre pour redynamiser l'économie en dépit de l'environnement extérieur difficile. Le patron de la banque centrale Lee Ju-yeol a souligné, pour sa part, que son institution ferait front commun avec les autorités face à la volatilité des marchés.


En effet, à la veille de cette réunion, le taux de change pivot de la monnaie chinoise est passé sous le seuil de 7 yuans pour un dollar, et l'administration américaine a immédiatement désigné la Chine comme un pays « manipulateur des taux de change ». Ce qui s'inscrit dans la continuité de leur guerre commerciale. Récemment, les Etats-Unis ont décidé d'imposer de nouveaux droits de douane de 10 % sur les 300 milliards de dollars d'importations chinoises. La Chine a, de son côté, suspendu ses achats de produits agricoles « made in USA ».


En désignant un pays comme « manipulateur de devise », les Etats-Unis peuvent lui demander d'ajuster la valeur de sa monnaie et de réduire ses excédents commerciaux excessifs. Si après un an rien n'a été fait, ils peuvent adopter des sanctions telles que des restrictions à la participation aux appels d'offres fédéraux ou des contrôles supplémentaires par le Fonds monétaire international (FMI).


Selon certains observateurs, si cette dispute commerciale entre les deux grandes économies ne se dégonflait pas, l'économie mondiale pourrait entrer en récession. En outre, il n'est pas exclu que les Etats-Unis ajoutent d'autres pays à leur liste des manipulateurs de devise.


La Corée du Sud est loin d'être à l'abri des conséquences de ces tensions commerciales. Washington et Pékin sont respectivement le premier et le deuxième partenaire commercial du pays du Matin clair. Qui plus est, Séoul souffre aujourd’hui du ralentissement du marché des semi-conducteurs. La nation vient d'être rayée par le Japon de sa liste des pays bénéficiant d'un régime préférentiel pour ses exportations. Et elle figure toujours sur la liste américaine de surveillance en matière de manipulation de devise. Cependant, le ministre des Finances Hong Nam-ki se voulait rassurant en soulignant que les fondamentaux économiques du pays sont aujourd'hui robustes et que le gouvernement continue d'améliorer la transparence de ses interventions sur le marché des changes.

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