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En ces jours où le temps devient de plus en plus frais, nous avons tendance à manger de bonnes choses réconfortantes. C’est la même chose pour la musique : nous voulons une musique qui puisse nous remonter le moral et nous donner de l’énergie. Le haegeum conviendrait parfaitement à cette saison.  


Si le haegeum est un instrument à deux cordes aujourd’hui très apprécié du grand public, il était autrefois plus ou moins négligé. Sa popularité croissante au cours de ces dernières années doit beaucoup à la virtuose Jeong Soo-nyun. Elle a séduit le public d’aujourd’hui avec une sonorité à la fois douce et triste dans son jeu. Elle s’est initiée au haegeum en adhérant au club de musique traditionnelle de son collège. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’elle remporte le premier prix lors d’un concours organisé par la municipalité de Séoul. En fait, lorsque le moment est venu pour les membres du club de choisir chacun un instrument, ses camarades ont tous opté pour les cithares populaires telles que le gayageum et le geomungo. Jeong, qui était très timide à l’époque, n’avait d’autre choix que le haegeum, le seul instrument qui restait. Et si elle a obtenu le premier prix au concours, c’est parce qu’il n’y avait pas beaucoup de participants spécialisés dans cette cithare. En tout cas, cette expérience l’a encouragée à devenir musicienne professionnelle. Au milieu des années 1980, elle a rejoint l’ensemble Seulgidung, formé dans le but de faire revivre la musique traditionnelle et l’aider à prendre racine dans la culture contemporaine. La sortie de son album intitulé « Le vide » en 2001 a grandement contribué à la popularisation du haegeum.


Une autre musicienne a également apporté sa contribution à la revalorisation de ce fameux instrument. Il s’agit de Kang Eun-il, surnommée la « diva » du haegeum. Professeure à l’université Dankook, Kang consacre aujourd’hui la majeure partie de son temps à former les futurs artistes. Mais elle est surtout considérée comme la pionnière du cross-over qui a contribué à populariser le haegeum, le promouvoir dans le monde entier et à faire découvrir de nouvelles potentialités de l’instrument traditionnel coréen à un public plus large. Elle a travaillé en collaboration avec des artistes de renom tels que Kim Yong-bae, membre fondateur du premier groupe de samulnori, le percussionniste Kim Dae-hwan et le célèbre saxophoniste Kang Tae-hwan. Elle a pu explorer et façonner son propre univers musical à côté de ces grands musiciens. 


De son côté, la jeune joueuse de haegeum Ccotbyel s’est fait connaître lorsqu’elle a participé au concert du chanteur Kim Yong-woo au Japon. Elle était alors en deuxième année à l’université. Un producteur japonais l’a repérée à cette occasion et lui a proposé de sortir un album. C’est ainsi qu’elle a fait ses débuts dans l’archipel. 


[Liste des mélodies de cette semaine]    

1. « Les belles choses du monde » interprété au haegeum par Jeong Soo-nyun

2. « Hey ya ! », une adaptation contemporaine de la chanson folklorique de la région de Gyeongsang « Ongheya », interprétée au haegeum par Kang Eun-il

3.   « Les amoureux », extrait de la bande originale de la série télévisée « Chuno » ou « Les chasseurs d’esclaves » interprété au haegeum par Ccotbyel

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