Aller au menu Aller à la page

Conclusion du Partenariat économique global régional

#Gros plan sur l'actualité l 2019-11-09

Journal

ⓒYONHAP News

Un accord de libre-échange prévoyant la création d’un vaste bloc économique dans la région Asie-Pacifique a été conclu le 4 octobre, à Bangkok. Le Partenariat économique global régional, RCEP en anglais, inclut les dix pays membres de l'Association des nations de l’Asie du Sud-est (Asean), ainsi que la Corée du Sud, la Chine, le Japon, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. L'Inde, qui a participé aux négociations, refuse pour l’instant d'adhérer au traité. Mais si elle décide de s’y joindre, cet accord devrait couvrir la moitié de la population et le tiers de la production mondiales.


Lors du sommet du RCEP, ce lundi, dans la capitale thaïlandaise, les dirigeants des 15 pays participants, dont le président sud-coréen Moon Jae-in, ont annoncé la conclusion des négociations portant sur ce traité commercial régional. Dans un communiqué conjoint publié à l'issue de cette réunion, ils ont fait savoir qu’un accord définitif serait signé en 2020. Toujours d'après celui-ci, les pays adhérents ont réaffirmé les deux grands objectifs du RCEP : instaurer un système d’échanges commerciaux complet et ouvert, basé sur les normes, et contribuer au développement économique équitable et au renforcement de l'intégration économique, à travers un accord moderne, complet, de grande qualité et mutuellement bénéfique entre les États. Si l’Inde n’est pas de la partie, elle souhaite poursuivre ses discussions avec les pays signataires afin de résoudre les différends relatifs à cet accord et fera connaître sa position définitive ultérieurement.


Les négociations ont été lancées en novembre 2012 à l'occasion du sommet des pays de l'Asie orientale. Cette entente régionale a initialement été conçue pour faire contrepoids au traité de libre-échange transpacifique (TPP), défendu par l’ancien président américain Barack Obama. Les négociations sur le TPP ont, dans un premier temps, progressé rapidement. Mais depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, les États-Unis ont renoué avec une politique de protectionnisme commercial, mettant un coup de frein aux discussions en cours. Entre temps, les négociations en vue de conclure le RCEP ont avancé à grands pas. 28 rounds de rencontres, 16 réunions ministérielles et trois sommets ont eu lieu avant d'aboutir à un accord final.


Si cet accord est mis en place, il permettra de créer la plus grande zone de coopération économique au monde. Celle-ci rassemblerait alors les pays de la zone sous la bannière du commerce ouvert et équitable, et ce malgré les nombreux facteurs de conflits existants entre eux, que ce soit au niveau politique, économique, diplomatique et/ou sécuritaire. Sa conclusion est d'autant plus significative qu'elle intervient dans un contexte du regain du protectionnisme américain et des représailles commerciales japonaises contre la Corée du Sud. Le pacte pourrait contribuer à augmenter les échanges commerciaux et à relancer l'économie mondiale, qui souffre aujourd’hui du conflit commercial entre Washington et Pékin, et d'une récession généralisée.


La Corée du Sud, dont l’économie est fortement dépendante des exportations, devrait être l’un des plus grands bénéficiaires du RCEP. La Cheongwadae, la présidence sud-coréenne, a estimé que cet accord régional devrait permettre de relancer les échanges et les investissements avec les principaux pays de la zone, et de diversifier les marchés d'exportation, offrant de nouvelles opportunités aux entreprises sud-coréennes. Le nouveau traité commercial multilatéral devrait également créer des effets de synergie avec les accords de libre-échange existants. Le pays du Matin clair a déjà conclu des accords bilatéraux avec tous les pays participants au RCEP sauf le Japon. Il espère ainsi voir, grâce à ce nouvel accord, ses exportations de produits manufacturiers vers les pays d’Asie du Sud-est augmenter, malgré de possibles impacts négatifs sur ses secteurs de l’agriculture et de la pêche.

Contenus recommandés