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Covid-19 : « The Flu » et les films catastrophes sud-coréens

#Tout un cinéma l 2020-03-18

Séoul au jour le jour


Après le film « Haeundae » en 2009, qui peut être considéré comme le premier film catastrophe sud-coréen d'envergure, « The Flu » de Kim Sung-su, en 2013, a amené une dimension socio-politique au genre. Alors que « Haeundae » surfait sur la vague du tsunami thaïlandais de 2004 (adapté ensuite à Hollywood avec « The Impossible » 2012), « The Flu » s'incrustait plus polémiquement dans le contexte sud-coréen en faux remake de « Outbreak » film hollywoodien de 1995 qui imaginait une épidémie d'ebola aux USA. En pleine propagation du Covid-19 dans le monde, nous allons revenir sur les films catastrophes sud-coréens à commencer par « The Flu ».


* Avant le MERS

Le film catastrophe « The Flu » sembla, a posteriori, annoncer les ravages que le MERS allait faire en Corée du Sud en 2015. Une épidémie de grippe (c'est le titre) éclate à Bundang, cité nouvelle dans la grande banlieue de Séoul. 500 000 habitants sont concernés. Mais le film touche aussi à l’immigration, au moins au début, avec une première séquence étonnante où des immigrés illégaux, main-d’œuvre alors très exploitée localement, sont retrouvés morts dans un container. Des trafiquants les découvrent et, en fait, vont répandre le virus à Bundang. Au niveau médical, le film introduit l'idée de virus mutants qui s'adapterait aux nouveaux terrains ; un virus qui serait donc très difficile à stopper.


* Panique et quarantaine

Malgré les efforts des deux acteurs principaux, Soo Ae et Jang Hyuk, la panique gagne le pays. C'est là que le réalisateur et scénariste Kim Sung-su innove : il introduit l'idée d'une défiance par rapport aux décisions venant du gouvernement et des responsables de Séoul. Car Bundang est en grande banlieue, et l'idée d'isoler la ville mise en quarantaine pour protéger la capitale et sa classe dirigeante se fait jour. La chimérique lutte des classes, qui est surtout une répression des prolétaires par les nantis, devient une sérieuse affaire consciente pour tous à travers cette histoire de virus. Un peu comme dans « Le Hussard sur le toit » de Jean Giono, et la quarantaine du Sud de la France pour cause de choléra, cette fameuse quarantaine est surtout une manière de faire mourir les pauvres entre eux et de protéger les nantis.


* Visons spectaculaires

Une fois le cadre social introduit dans la cadre de l'épidémie de virus, Kim Sung-su cherche à mettre en scène des visions dignes de l'Enfer de Dante ou de Gérôme Bosh. Alors que toutes les promesses du gouvernement et de ses médias pour calmer le jeu ne sont pas tenues, le chaos s'installe. L'armée commence à tirer et d'abord sur ses propres soldats. La séquence clef du film est la marche sur Séoul des pestiférés de Budang le long de gigantesques autoroutes. Même des séries célèbres comme « Th Walking Deads » n'avaient pas montré ce genre de scènes ; surtout avec la connotation révolutionnaire qu'elles peuvent avoir. Contre la révolution en marche, l'armée, la police et même les forces américaines en Corée du Sud sont mobilisées pour un affrontement encore plus mortel que le virus. Le film introduit alors une autre vision infernale celle de stades transformés en camps d’incinération des victimes. Entre camps de concentration nazi, stades mouroir des dictatures chiliennes, et enfer dantesque, la séquence glace les sangs.


Finalement, tout revient pourtant dans l'ordre – le film est une production CJ – le président sud-coréen intervient pour empêcher les méchants Américains de massacrer son bon peuple, et le virus en est du coup soigné. Film inabouti, certes, mais film qui visait à atteindre la dimension socio-politique des films de zombies de Romero, par exemple, s'il n'était produit dans un contexte par trop conservateur. La suite au prochain virus.

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