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La Corée du Sud commémore le 40e anniversaire du mouvement pour la démocratisation du 18 mai

#Gros plan sur l'actualité l 2020-05-23

Journal

ⓒYONHAP News

Lundi dernier, la Corée du Sud a organisé la cérémonie officielle du 40e anniversaire du mouvement pour la démocratisation du 18 mai 1980. Cet événement commémoratif s’est déroulé sur la grande place aménagée devant l’ancienne préfecture de la province de Jeolla du Sud, le dernier bastion de cette révolte citoyenne. Il était de moindre ampleur que prévue en raison de la crise sanitaire du COVID-19. Il a tout de même réuni quelque 400 participants, dont les familles des victimes de la répression sanglante, plusieurs grandes personnalités de l’Etat et les représentants de différents partis politiques. Le président de la République n’a pas manqué d’y assister, comme cela a toujours été le cas depuis son investiture en 2018. Dans son discours, Moon Jae-in a souligné qu’il faudrait faire toute la lumière sur la violence perpétrée par l’Etat. Et il a appelé les auteurs de cette tragédie à dire la vérité avec courage, ce qui devrait leur ouvrir le chemin vers le pardon et la réconciliation.


Un petit retour en arrière. Cette tragédie a eu lieu le 18 mai 1980 à Gwangju dans le sud-ouest de la péninsule. Après l’assassinat du dictateur Park Chung-hee en 1979, le peuple était plus assoiffé que jamais de démocratie. Or, le général Chun Doo-hwan a pris le pouvoir suite à un coup d’Etat. Un mouvement contestataire s’est levé dans tout le pays. En réponse, le régime militaire a instauré la loi martiale. A Gwangju, l’escalade de la tension entre l’armée et les manifestants a dégénéré en une confrontation virulente. Le dictateur a réprimé dans un bain de sang le soulèvement des citoyens en une dizaine de jours. Au début, cet événement a été qualifié d’« émeute ». En 1988, le Parlement l’a défini comme « le mouvement de Gwangju pour la démocratisation ». En 1995, il a adopté une loi spéciale pour faire toute la lumière sur cet événement et condamner les responsables. Conformément à ce texte, Chun Doo-hwan et son successeur Roh Tae-woo, deux anciens généraux devenus présidents de la République, ont été condamnés pour crime de haute trahison et meurtres perpétrés à cette fin. Et l’événement a été redéfini comme « le mouvement pour la démocratisation du 18 mai » en ce qu’il ne s’était pas limité à cette ville.


Le « mouvement pour la démocratisation du 18 mai » est devenu une grande date dans l’histoire moderne du pays. Même s’il a échoué à atteindre son but à l’époque, son esprit a jeté les bases nécessaires pour démocratiser la nation. Mais certains faits restent encore ensevelis. D’ailleurs, les ultraconservateurs croient toujours à la théorie du complot, selon laquelle des agents nord-coréens auraient infiltré les manifestants afin de fomenter une émeute. C’est pourquoi on espère bien que la Commission en charge de cette affaire arrivera à rétablir toute la vérité sur ce pan sombre de l’histoire de la Corée du Sud.

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