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Peninsula : zombies, magot et histoire de famille

#Tout un cinéma l 2020-07-22

Séoul au jour le jour


Préparée pour la sélection fantôme du Festival de Cannes en mai et longtemps différée pour cause de pandémie, la suite du film de zombies « Train to Busan » est enfin arrivée sur les écrans et sous les yeux des courageux spectateurs masqués. « Peninsula » de Yeon Sang-ho est plutôt un « sequel » qui rebondit, non seulement, sur le premier film mais aussi sur « Seoul Station », le très noir film d'animation aussi signé du même réalisateur. Ce dernier devant se refaire une santé après l'échec de son film « Psychokinesis » en 2018.


* Une intrigue à la Sergio Leone

La musique du regretté Morricone n'aurait pas déparée pour « Peninsula ». C'est le célèbre compositeur Mowg qui s'y est collé. L'intrigue débute quatre ans après l'irruption de l'épidémie décrite dans « Train to Busan ». La péninsule coréenne est ravagée par les zombies et sous quarantaine ad vitam aeternam. Un soldat joué par Kang Dong-won parvient à gagner Hong Kong avec sa famille, mais sa sœur et son neveu n'y arrivent pas vivants. Ses ennuis ne s'arrêtent pas là : il doit retourner sur la péninsule pour ramener un magot caché dans un camion. Mais, avec son beau-frère joué par Kim Do-yoon, il se voit confronté à une mystérieuse unité 631. C'est là que survient une autre histoire familiale avec une femme jouée par Lee Jung-hyun et ses filles qui se portent à la rescousse du brave soldat. Mais la jeune femme est aussi liée avec le chef de la mystérieuse unité 631... les choses se compliquent, donc, surtout qu'il y a des zombies partout.


*Zombies en famille

Déjà dans « Train to Busan » l'option de la famille comme ressort de l'intrigue était claire. Dans « Seoul Station » et « The Fake », deux excellents films d'animation de Yeon Sang-ho, il s'agissait aussi de pères retords et de filles encore plus retorses. Le réalisateur continue d'explorer ce thème dans « Peninsula », même au milieu des zombies. On pourrait aussi y voir la tendance générale depuis la quasi fusion des séries internationales et des films de cinéma autour du thème porteur de la famille. D'un point de vue sociologique, il est courant de dire que le cinéma insiste pour parler de ce qui est fantasmé plus que de ce qui est vécu dans le réel. Ainsi tous ces scénarios à la gloire de la famille seraient, en fait, le signe de la décomposition de cette même famille dans le vécu quotidien. Ce qui est intéressant pour un film de zombie, c'est que le thème de la famille permet d'attirer plus largement des spectateurs qui autrement n'auraient été que les adolescents fans de films de genre.


*Visions

Mais, un peu comme dans « #Alive », film de zombies sorti peu avant en Corée du Sud, on sent que l'essentiel pour l'équipe de réalisation se trouve dans les visions apocalyptiques que leur (gros) budget permettait de créer. Si Yeon semblait avoir quitter l'animation de ses débuts, (il était même considéré comme le leader de l'anémique animation indépendante sud-coréenne), « Peninsula » se ressent des effets au « computer graphic ». La post-production a été essentielle. Moins réaliste que « Train to Busan », les lieux sont quand même familiers pour les sud-Coréens surtout les habitants de Séoul qui – avec Hong Kong – est le second lieu principal du film transformé en désert chaotique à la « Mad Max ». La noirceur de l'inspiration de Yeon se retrouve dans la délectation à voir les zombies dévorer les corps étripés. C'est ce qui avait fait le succès des Romero, mais en plus cru.


*Des zombies pour relancer l'industrie

L'enjeu du film est bien plus que le succès habituel d'un blockbuster (plus de 2000 écrans locaux lui sont dédiés). Car il a pour mission de relancer l'ensemble de l'industrie du film local. Une industrie qui tournait au point mort depuis le mois de mars. Les salles, même précautionneuses et limitant le nombre de sièges disponibles, restaient désespérément vides. La sortie de « #Alive » avec la star Yoo Ah-in en tueur de zombies a essuyé les plâtres avec succès, en faisant près de deux millions d'entrées. Tout ce qu'on souhaite aux zombies de « Peninsula » est de repeupler les salles et de redonner du travail aux milliers de techniciens brutalement sinistrés juste après le succès du cinéma sud-coréen dans le monde.

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