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La Corée du Sud a les mains libres pour utiliser du combustible solide sur ses fusées spatiales

#Gros plan sur l'actualité l 2020-08-01

Journal

ⓒ KBS

Séoul et Washington ont révisé leur directive bilatérale en matière de missiles. L’amendement porte plus précisément sur les projectiles spatiaux. Il consiste à lever entièrement les restrictions liées au carburant solide. C’est ce qu’a annoncé, mardi, le second adjoint au conseiller à la sécurité nationale de la Cheongwadae, Kim Hyun-chong. Le texte est entré en vigueur le jour même. 


L’ancienne version limitait la Corée du Sud à un million de livres, soit 453 kg par seconde, l’énergie totale générée par un moteur-fusée, ce qui correspond à un cinquantième ou un soixantième de la quantité nécessaire pour lancer un projectile dans l’espace. La nouvelle révision supprime cette entrave. Les portes sont désormais grandes ouvertes au pays du Matin clair. Kim a souligné que toute entreprise, tout institut de recherche ou tout individu pourraient étudier, développer, fabriquer ou posséder librement différents types de fusées spatiales, que ce soit à ergols liquides, à propergol solide ou en mode hybride. Selon lui, cet amendement jette les bases pour améliorer les infrastructures de l’industrie aérospatiale, élargit jusqu’à l’espace le « New Deal à la coréenne » et pourra permettre de faire du SpaceX « made in Korea » une réalité.


La directive en question a été adoptée pour la première fois en 1979. Les Etats-Unis ont accordé à son allié le transfert technologique de missiles sous certaines restrictions, dans le but d’empêcher une course débridée à l’armement en Asie du Nord-est. Ainsi, Séoul a pu lancer le développement de ses missiles balistiques à condition que les ogives ne dépassent pas les 500 kg et que la portée de tir soit limitée à 180 km. Suite à l’évolution du contexte sécuritaire, cet accord a été revu trois fois, en 2001, en 2012 et en 2017, de sorte à prolonger la portée à 800 km et à supprimer le plafond pour le poids de la tête. 


Une précision. Le combustible liquide est certes plus avantageux pour un tir à longue portée, parce qu’il a une grande force de propulsion, mais il a plus de points faibles : une structure complexe, une longue durée pour alimenter la fusée, l’impossibilité d’attendre longtemps une fois le réservoir rempli, le risque de fuite ou de combustion incomplète et un coût important. Le combustible solide a, de son côté, plus d’avantages pour compenser sa force de propulsion moins puissante que le liquide : le réservoir rempli en permanence, l’absence de contraintes liées à l’alimentation, une grande mobilité de la fusée, la possibilité de tirer celle-ci à tout moment, un coût plus intéressant grâce à une structure plus simple. 


Suite à cette révision, la Corée du Sud pourra renforcer ses capacités militaires, notamment en matière d’intelligence, de surveillance et de reconnaissance. Elle sera en mesure de tirer son propre satellite dit espion avec un combustible solide, alors que son armée dépendait jusqu’ici des renseignements américains. Elle pourra aussi développer ses missiles balistiques à portée longue ou intermédiaire en exploitant des technologies liées aux fusées spatiales. Au niveau économique, le pays aura un nouvel élan pour développer son industrie spatiale et pour y séduire les jeunes talents. Enfin, sur le plan politique, ce sera l’occasion de faire avancer d’un cran l’alliance Séoul-Washington.  

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