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Korean Air va racheter Asiana Airlines

#Gros plan sur l'actualité l 2020-11-21

Journal

ⓒYONHAP News

C’est un mariage de raison qui s’annonce dans le transport aérien sud-coréen. La première compagnie Korean Air va reprendre sa consœur Asiana Airlines. Elle a pris lundi cette décision lors de son conseil d’administration. Hanjin KAL Corp., la société holding du groupe Hanjin, sa société mère, a pris la même démarche simultanément. Korean Air devrait se hisser parmi les dix plus grandes compagnies aériennes mondiales une fois qu’elle aura absorbé sa rivale.


Afin de réaliser ce gros deal, Korean Air devrait débourser 1 800 milliards de wons, soit 1,4 milliard d’euros. Elle prévoit alors d’augmenter l’an prochain son capital de 2 500 milliards de wons, soit 1,9 milliard d’euros. Pour y participer, son plus grand actionnaire, Hanjin KAL Corp., pourra compter sur la Banque de développement de Corée (KDB) qui lui a promis un investissement de 800 milliards de wons, soit 600 millions d’euros, via une augmentation de capital réservée à un tiers et des titres d’obligations échangeables respectivement pour 300 milliards et 500 milliards de wons. Comme c’est urgentissime, la banque publique prêtera à l’avance cette somme à la compagnie Korean Air. Celle-ci pourra s’en servir pour acheter les obligations convertibles perpétuelles (300 milliards de wons) d’Asiana Airlines et verser l’acompte (300 milliards de wons) dans le cadre de l’accord sur la souscription de nouvelles actions de 1 500 milliards de wons, soit 1,1 milliard d’euros, émises par sa consœur.


Ce projet de rachat s’explique notamment par deux impératifs : restructurer le secteur du transport aérien afin de gagner en compétitivité, d’une part, et réduire au maximum l’injection de fonds publics supplémentaires pour alléger la charge des contribuables, d’autre part. Selon Korean Air, il s’agit de stabiliser au plus vite l’industrie aéronautique locale dont la survie est menacée par le COVID-19.


Asiana Airlines a vu le jour en 1988 comme le second opérateur d’aviation civile. Au début, la compagnie assurait uniquement les vols domestiques. Deux ans plus tard, elle a ouvert la ligne Gimpo-Tokyo, avant d’élargir son offre de vols internationaux au point de rivaliser avec le numéro un du secteur, Korean Air. Mais elle a commencé à subir une mésaventure en 2015, à cause de sa société mère, le groupe Kumho, en pleine difficulté financière. Elle a amélioré sa situation après avoir mené un plan de redressement. Mais le groupe Kumho ne s’en sortait pas. Il a décidé de vendre sa filiale et a désigné HDC comme soumissionnaire préférentiel pour racheter Asiana Airlines en 2019. Mais ce projet est tombé à l’eau en septembre dernier. Ainsi, il fallait chercher un nouveau repreneur.


Certains considèrent comme un pis-aller le mariage des deux premières compagnies aériennes du pays. Actuellement, Asiana Airlines est maintenue en vie grâce aux fonds publics. Or, elle ne peut pas dépendre éternellement de la KDB, le chef de ses créanciers. Il n’est pas question pour autant de sortir le numéro deux du marché, vu l’onde de choc que cela provoquerait. Ainsi, mieux vaut compter sur l’effet de synergie. Korean Air espère rationaliser les lignes et réduire les coûts afin de gagner en compétitivité. Cependant, le danger la guette toujours. Elle a déjà un ratio d’endettement élevé et un résultat d’exploitation déplorable. En absorbant Asiana Airlines, elle risque de sombrer dans l’abîme. Par ailleurs, le chemin sera semé d’embûches, comme la situation quasi-monopolistique qu’engendrerait la disparition d’un concurrent ou la contestation des actionnaires dissidents, entre autres.

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