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Hostage : sauvez la star Mr Hwang

#Tout un cinéma l 2021-09-08

Séoul au jour le jour


Le film « Hostage » de Pil Kam-sung pour Next est le remake du film chinois « Saving Mr Wu » signé Ding Sheng en 2015. Mais cette fois c'est Hwang Jung-min la star en danger en remplacement de Andy Lau. Jouant sur les effets de réels de la télévision, le film chinois a été un gros succès local. Son remake sud-coréen est en passe de le devenir. Mais que veut-on à Hwang ? C'est ce que nous allons voir.


* Une histoire simple

L'intrigue du film « Hostage » tient en moins de deux lignes : une star du show-biz est kidnappée en plein Séoul après une avant-première. Les kidnappeurs demandent une forte rançon et la star pense, d'abord, que c'est une blague de youtubeurs. Emmené sur une base militaire par ses cinq ravisseurs plutôt déjantés, Hwang Jung-min (qui joue donc son propre rôle de star), tente de s'échapper en utilisant tout ce qu'il a appris en tant qu'acteur dans des films d'action. Il s'avère pourtant maladroit et plus spontané que dans ses films précédents. « Hostage » débute d'ailleurs sur des rappels de ses succès comme « Veteran » ou « New World ».


*Comédie et violence

Il est clair que le choix de Hwang Jung-min pour incarner son propre rôle dans cette histoire de kidnapping implique le fait qu'il est aussi un acteur de comédie. Sa première réaction à son enlèvement – il plaisante avec ceux qu'ils croient être des youtubeurs - souligne cet aspect. Le fait qu'il soit durant près de la moitié du film ligoté sur une chaise lui permet aussi de montrer toute sa panoplie de grimaces pour le moins comiques. En contre-point du comique borderline de Hwang, vient le groupe de kidnappeurs. Joué par des presque inconnus – excepté le jeune Ryoo Kyung-soo qui est connu pour la série « Itaewon Class » - la bande n'a pas l'air de tourner rond. On voit là l'influence de « Reservoir Dog » de Quentin Tarantino. La violence qui s'en dégage avec le meurtre d'un autre otage rappelle aussi ce même film. Leur action semble d'une spontanéité déprimante – ils tombent, en fait, par hasard sur Hwang Jung-min qui est allé s'acheter des médicaments. Entre le psychopathe et le fan de cinéma qui ne cesse de réciter des répliques connues de Hwang, la bande est customisée à la manière des films d'animation américains. C'est là où le film semble s'enfoncer dans une contradiction : il semble au début jouer sur les codes de la télé-réalité mais vire rapidement à la fiction ultra-référencée.


*Remake, télé-réalité et célébrité

Les effets de réels tels que des images de cctv ou de caméra de surveillance embarquées en voiture sont désormais la panoplie obligée des émissions de télé-réalité. Le film semble vouloir s'en inspirer pour trouver un style. Ce qui est une double peine, car la plupart de ces émissions sont plus ou moins des fictions. C'est donc en mimant de vrai-faux effets de réel que le film prétend au réalisme. Bref, on le cercle vicieux esthétique et déontologique n'est pas près d'en finir. Viennent ensuite les écarts avec le film chinois original.


D'abord, la comédie y est moins présente. Ensuite, le milieu riche de la star est mieux décrit. L'essentiel, cependant, tient en deux points très clairs : le premier point vient d'un des personnages de ravisseurs qui, dans le film chinois, se met à respecter le courage de la star devant la mort. Alors que dans la version de « Hostage », c'est le fan de Hwang l'acteur qui sympathise avec ce dernier. L'autre point est que Andy Lau ne joue pas lui-même dans « Saving Mr Wu », il interprète une star quelconque, certes similaire mais différente. Cela évite au film de confondre la représentation et le réel comme dans « Hostage ». Enfin, vient le problème de la célébrité – c'est le motif de l'enlèvement : Hwang Jung-min est supposé être riche car acteur vedette. On touche là à une inspiration nouvelle dans le cinéma sud-coréen.


En effet, des films dans les films avaient commencé à apparaître (comme les célèbres « Cheer-up Mister Lee » de Lee Byong-hoon ou encore « Artist Bong Man-dae » de Bong Man-dae.) ; voici venue la représentation de la star de cinéma dans son propre rôle. Cela crée une distance – dont le film joue – entre la star et l'homme réel au regard du spectateur. Le film d'ailleurs tente de flouter les frontières, mais le mal est fait : l'homme et ses représentations ne sont plus associées naturellement. Mieux : la star est riche, elle est une puissance à part entière et non plus la marionnette de pouvoir supérieurs (les producteurs, les dirigeants). Affaire à suivre donc. Si le film cartonne.

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