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Yoo Ah-in se fait Seoul Vibe

#Tout un cinéma l 2022-11-16

Séoul au jour le jour

ⓒYoo Ah-in instagram

La star Yoo Ah-in de « Burning » à « #Alive» ne cesse de prendre des rôles engagés malgré ses contrats publicitaires. C'est le cas avec “Seoul Vibe” encore, une comédie d'action qui, mine de rien, fait un portrait au vitriol de la Corée du Sud depuis les années des dictatures militaires jusqu'au premier faux gouvernement civil. Revenons donc un peu sur la carrière récente de l'acteur qui surfe encore sur le sommet de sa carrière.



* Un ado au cinéma

Uhm Hong-sik dit Yoo Ah-in est né à Daegu dans le centre est de la Corée du Sud. Il est connu pour ses rôles d'adolescents. Dès le début, les publicités tout comme son travail de top-modèle pour la mode le menaient inévitablement vers les rôles clichés réservés aux ados sud-coréens. La série « Sharp » en 2014 représente cette période pour l'acteur au visage poupin, lèvres pulpeuses et aux yeux globuleux. Il le dit lui-même dans plusieurs interviews : à cette époque, il ne contrôlait pas vraiment sa carrière ni ses choix de rôles. Cette insatisfaction des débuts va le hanter longtemps.



* L'engagement dans des rôles sérieux

La série comico-romantique « Sungkyunkwan Scandal » en 2010 restera une étape mais vite oubliée, car c'est dans le film crypto-gay « Antique » de Min Kyu-dong que Yoo obtient un vrai succès de cinéma ; puis dans « Punch » en 2011 aux côtés de Kim Yoon-seok dans une histoire d'enfant de couple de différentes nationalités (sujet toujours chaud, et Yoo joue le philippino-coréen). Le tournant pour Yoo Ah-in se produit juste avant son service militaire : il est diagnostiqué d'un cancer des os. Il ne fera pas troufion. Libéré, l'acteur repense plus sérieusement ses rôles surtout que les médias le suspectent d'avoir fraudé pour éviter l'incorporation. Yoo connaît désormais la versatilité de l'opinion publique. En 2014, « Secret Affair » avec l'actrice Kim Hee-ae est un thriller érotique qui fait de Yoo « Le petit ami sexy de la nation coréenne ». Les blockbusters le demandent. Ce sera « Vétéran » et son premier rôle de « méchant » mais déjà avec un engagement politique clair contre la corruption et le système faisandé des « clans de riches » (les chaebol) qui domine la société coréenne. Le film est un très gros succès local mais ne s'exporte que très peu. 



* Yoo Ah-in dans « Hellbound »

Après des rôles décoratifs dans « The Throne » et la série « Six Flying Dragons », Yoo Ah-in, trouve enfin une vraie dimension originale à ses personnages et aussi à son statut social d'acteur. Il joue dans « Burning » de Lee Chang-dong en 2018. Il est un jeune prétendant écrivain, paumé entre une jeune beauté inaccessible et un riche flambeur qui s’ennuie. On navigue à vu entre du Scott Fitzgerald et du Faulkner de la grande époque. Pour Yoo, c'est le premier pas sur la scène internationale occidentale. Il côtoie les stars de Cannes et celles d'Hollywood avec les Oscars. Du coup, l'acteur vire son manager et prend en charge directement ses choix de films. Il est en roue libre et cela se voit dans ses films et son jeu d'acteur. D'abord dans « #Alive », petit film de zombie ré-écrit par son scénariste américain pour être tourné en Corée du Sud. En pleine épidémie de covid-19, le film est le premier à ramener le public en salle avec près de 2 millions d'entrées. Le film est aussi un succès à l'international et passe même devant le blockbuster « Peninsula » aux yeux des critiques et des cinéphiles internationaux. Avec l'indépendant « Voice of Silence » de la réalisatrice, Hong Eui-jeong, Yoo joue sans dialogue ! Une performance pour un acteur sud-coréen habitué au bavardage. Yoo se fourvoie sur un film qui se veut engagé contre les magouilles des capitalistes dans « Default », mais l'échec ne vient ni de lui ni du scénario mais plutôt d'une réalisation en mode automatique à la manière des superproductions. Mais sa grande révolution personnelle se trouve dans son rôle dans la série « Hellbound » en 2021. La réalisation du toujours brillant Yeon Sang-ho lui donne un rôle en or ; celui d'un leader charismatique d'une secte de croyants aliénés. En tapant dur sur les mouvements religieux qui minent la Corée du Sud, « Hellbound », Yeon Sang-ho et Yoo Ah-in touchent à un sujet tabou et défoncent quelques portes derrière lesquelles on souffrait en silence depuis longtemps. Yoo ne s'arrête pas à ce succès international, car la série est diffusée sur Netflix, et rempile avec cette dernière plateforme dans « Seoul Vibe » de Moon Hyun-sung : un portrait acide et lucide des faux semblants du changement de régime politique et social en Corée en 1988. Yoo y passe, d'une scène à l'autre, du rôle de frimeur bon-enfant de la comédie d'action décervelée à celui d'activiste anti-gouvernemental. Le célibataire endurci de 36 ans ne semble pas vouloir s'arrêter là. Si « Seoul Vibe » est avant tout destiné à un public international, c'est bien dans cette direction que regarde  Yoo Ah-in et une bonne partie des acteurs de sa génération.

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