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Kim Yoon-seok, le nouvel amiral

2024-01-24

Séoul au jour le jour

ⓒ HODU&U Entertainment
L'incontournable Kim Yoon-seok est de retour dans le blockbuster « Noryang », bien loin de son propre univers intimiste en tant que réalisateur vu dans « Another Child ». C'est que Kim a arpenté tous les couloirs du métier depuis ses débuts au théâtre, des films d'héroïque fantaisie comme « Tazza » aux films de cruauté mentale comme « The Chaser » en passant par des comédies nostalgiques comme « C'est si bon ». Revenons donc sur la carrière d'un acteur qui peut être vue comme le miroir du cinéma de Corée du Sud de ses vingt dernières années.   


* Débuts sur les planches et au ralenti
Kim Yoon-seok n'a pas connu des débuts fulgurants. Né dans la province de Chungcheong mais élevé à Busan, il se destine à une carrière militaire. Mais la contestation gronde dans le pays en ces années 1980, et il découvre une troupe de théâtre qui lutte pour la démocratie. Le jeune homme rejoint la troupe et joue dans la pièce « A Streetcar Named Desire ». C'est une époque de dèche et l'acteur ouvre un petit club de Jazz à Busan. Il a un ami busannais qui deviendra célèbre : Song Kang-ho. Ce dernier insiste pour qu'il s'installe à Séoul et persiste dans sa carrière d'acteur. Kim ne se fait pas prié et rejoint la mouvance des théâtreux de Daehanro au coeur de la capitale. Parallèlement, il joue au cinéma dans de petits rôles.


* Le cinéma, enfin
Alors que son destin semble le confiner aux petits théâtres de Séoul, Kim obtient soudain un second rôle dans un thriller : « The Big Swindle » de Choi Dong-hoon. Le rôle de flic qu'il y joue va longtemps lui coller à la peau. Après quelques autres seconds rôles, on le retrouve dans un film à gros budget encore de Choi Dong-hoon : « Tazza : the High Rollers », en 2006. Cette fois, la carrière de l'acteur est lancée. On le retrouve dans un premier rôle de flic paumé dans « The Chaser » de Na Hong-jin. Le film fait sensation par sa violence graphique et mentale (l'abattage à coup de marteau d'une femme). La bouille de gangster triste de Kim fait merveille et tient le film à elle seule. 

L'acteur devient alors plus éclectique car il est beaucoup demandé : suivent « The Happy Life » où il incarne un musicien, « Running Turtle » où il redevient un flic, et un personnage de fantaisie dans Jeon Woo-chi. Il apparaît dès lors que Kim n'est pas un acteur transformable, à chaque fois il joue son propre rôle comme un Choi Min-sik ou un Lee Byung-hoon. Même s'il est trop âgé pour jouer les jeunes premiers de romances, il trouve un créneau dans les personnages de vieux baroudeurs vicelards. A noter que Kim quitte les TV dramas dans lesquels il s'était un peu essayé notamment dans la série « Resurrection » en 2005 et « Love me When you can » en 2006.


* South Bound
Les blockbusters le demandent à partir des années 2010. On retrouve Kim Yoon-seok dans « The Thieves », démarquage de l'hollywoodien « Ocean’s Eleven » qui remporte un gros succès local. Mais c'est avec « South Bound » de Yim Sun-rye que l'acteur tient son meilleur premier rôle à ce jour. Cette histoire de rebelle replié dans une ferme écolo lui va comme un gant et lui permet de renouer avec la base du cinéma local. Il continue avec eux dans « Sea Fog » en 2014 de Shim Sung-bo produit par Bong Joon-ho. Kim fait encore une fois merveille dans cette histoire de trafique de migrants clandestins. Commence pourtant, une longue période de films très moyens comme le nouveau « Tazza », puis « C'est si bon » et « The Classified File ». 

Dès 2015 avec « The Priests », Kim semble jouer les passeurs de générations, dans ce cas avec le jeune acteur Kang Dong-won, qui joue le jeune prêtre du film. Il est clair que l'acteur est à un tournant de sa carrière. Il lui manque des cinéastes importants à son palmarès : ni Bong Joon-ho, ni Lee Chang-dong ni Hong Sang-soo ne font appel à lui. Après l'affligeant « Fortress », film en costumes empesé, il cachetonne dans « When the Day Comes » sur la chute de la dictature militaire. 

En 2019, Kim finit par passer le pas lui-même. Il décide de tourner son propre film : « Another Child ». C'est très tendance à l'époque, des acteurs souhaitent passer derrière la caméra pour se débarrasser du système de production local qui leur inflige des films médiocres justes bons à garnir les soirées ennuyeuses des couples d'employés de bureau. Yu Ji-tae, Ha Jung-woo, Lee Jung-jae ou Chung Woo-sung sont dans aussi dans ce cas. Malheureusement, « Another Child », un drame familial dont on cherche encore le sujet, est d'abord passé sous silence par les monopoles de distribution voyant d'un mauvais oeil ces films d'acteurs, puis devient un échec cuisant pour l'acteur-réalisateur. 

Kim Yoon-seok rebondit quand même en second rôle dans le film d'action « Escape from Mogadishu ». Son retour dans un rôle qui sacralise la haute hiérarchie de l'actorat, celui de l'amiral Yi Sun-shin dans le blockbuster « Noryang » annonce une dernière étape pour Kim, une étape que l'on espère prometteuse en cinéma.

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