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The Divine Move 2 : Go pour gogos

#Tout un cinéma l 2019-11-20

Séoul au jour le jour


Nous n'avions pas parlé du premier opus de « The Divine Move », le second et, probablement, dernier opus sous-titrés « The Wrathful » nous permet de voir ce qu'il en est. Après un détour par la SF et les zombies à l'occidentale, les films fantastiques sud-coréens reviennent sur la lancée de « Along with the gods » et « Tazza ». Ce film permet aussi d'évoquer l'acteur Heo Sung-tae et le jeu de baduk plus connu sous le nom de go en Occident.


* Gogomania

Le film narre les aventures tragi-comiques d'un pauvre gamin abandonné de tous. Quand un beau jour, il croise le chemin d'un joueur de baduk invétéré qui le forme au jeu jusqu'à ce qu'il en devienne une sorte de dieu. Mais comme un malheur n'arrive jamais seul et que le facteur sonne toujours deux fois, son mentor est assassiné par le terrible joueur de go nommé « Busan Weed » et interprété par le non moins terrible Heo Sung-tae. Le temps de la vengeance arrive pour le jeune joueur sous les traits de l'acteur Kwon Sang-woo, toujours aussi impassible.


* Le fantastique : entre superstitions et style

Il apparaît très vite que le réalisateur Lee Khan (un nouveau venu) ne cherche pas à faire un grand film ni à ranimer ses acteurs somnolents – la super-star inter-asiatique Kwon Sang-woo ne doit pas prononcer plus de cinq phrases dans tout le film - mais il sait qu'il a avec lui un budget (fourni par CJ Entertainment) qui permet de faire du style, de la déco, de l’esbroufe, du mouvement. Ici les super-héros sont surtout des joueurs comme dans « Tazza » (qui parle d'un jeu de cartes) et l'intrigue faible et incohérente n'est pas le souci des spectateurs, ni des producteurs. La présence de la très coûteuse star Kwon Sang-soo est censée suffire.


* Le Go

Si le film tourne autour du jeu de go appelé donc baduk en Corée, le film ne s'en sert que comme prétexte. Kwon, le joueur aux super pouvoirs, s'en sert pour se venger de ses méchants ennemis. Ce jeu est populaire en Corée du Sud autant que les échecs le sont en Europe. De son nom original le Weiqi chinois est passé au 5e siècle en Corée et au Japon. C'est un jeu de stratégie combinatoire très simple mais il est entouré de légendes fantastiques. Car il semble suivre les préceptes de l'art divinatoire chinois du Yi Jing. Il devient, d'ailleurs, un art sacré de l'aristocratie taoïste dans l’empire du Milieu.


A partir des années 1990, les joueurs sud-coréens sont les meilleurs du monde, notamment avec Lee Chang-ho. Des chaînes de télévision sont dédiées au jeu ainsi que de nombreuses compétitions. Par ailleurs, l’IA développée par Google, baptisée Alphago, avait battu en 2016 Lee Sedol, qui est pourtant le champion du monde de ce jeu de stratégie.


* L'acteur Heo Sung-tae

Finalement, ce film permet surtout à l'acteur Heo Sung-tae d'accéder à une vraie reconnaissance. Heo, né à Busan en 1977, a une carrière tardive. Il a pourtant de la gueule et il sait s'investir dans ses rôles. Après 3 ou 4 ans de galères dans des petits rôles de Tv drama et de films, il se fait un nom dans des rôles de mauvais garçons, de flics ou de gangsters. Il apparaît dans « The Royal Tailor » et « The Age of the Shadows » de Kim Jee-woon mais c'est en 2017 avec « The Fortress » et son rôle de méchant général mongol qu'il perce réellement. 


A partir de là, les séries télévisées s’enchaînent mais sans lui octroyer de premier rôle. Il est le « bad guy » d'un nombre impressionnant de films dont « The Outlaws » ou « The 12th Suspect ». « The Divine Move 2 », tout en le remettant dans son cliché de mauvais garçon, va peut-être lui permettre d'accéder à des rôles à sa mesure. C'est ce qu'on lui souhaite.

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