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Joe Biden forme son équipe de diplomatie et de sécurité nationale

#Gros plan sur l'actualité l 2020-11-28

Journal

ⓒYONHAP News

Aux Etats-Unis, le président élu Joe Biden a dévoilé, ce mardi, les premières nominations pour sa future administration, dont le profil dominant annonce un grand changement de politique dans la péninsule coréenne.

    

Le prochain locataire de la Maison blanche a confié la diplomatie à Antony Blinken, numéro deux du département d’Etat sous l’administration Obama. Il a désigné Jake Sullivan comme son conseiller à la sécurité nationale, un poste qu’il avait déjà assumé lorsque Biden était vice-président. Avril Haines, ancienne directrice adjointe de la CIA, prendra la tête du renseignement national, et Alejandro Mayorkas celle du département de la Sécurité intérieure, dont il était le numéro deux. Le vainqueur à l’élection présidentielle a choisi l’ancien secrétaire d’Etat John Kerry comme son représentant spécial pour le climat et l’ancienne secrétaire d’Etat adjointe Linda Thomas-Greenfield comme son ambassadrice à l’Onu. Après sa nomination, celle-ci a déclaré : « L’Amérique est de retour. Le multilatéralisme et la diplomatie sont de retour. » Cela reflète bien la volonté du président élu de mettre un terme à l’unilatéralisme de son prédécesseur. Selon Joe Biden, la politique de « l’Amérique d’abord » imposée par Donald Trump a affaibli les relations des Etats-Unis avec leurs pays alliés et l’hégémonie américaine sur la scène internationale, ce qui a nuit par conséquent à l’intérêt national sur le plan sécuritaire. Par ailleurs, de nombreux experts de la diplomatie ont déserté le département d’Etat.


La future administration Biden devrait changer la donne dans la péninsule coréenne. D’abord, elle devrait se montrer plus raisonnable pour conclure rapidement les négociations sur le financement respectif de la présence des GI’s en Corée du Sud. Ainsi, elle se démarquera de celle de Trump. Cette dernière avait forcé Séoul à assumer une hausse exorbitante, ce qui a eu des répercussions négatives sur la coopération Séoul-Washington-Tokyo, la coopération face au nucléaire nord-coréen, et la gestion sécuritaire en Asie du Nord-est, entre autres. Ensuite, la méthode à l’iranienne sera privilégiée pour le dossier nord-coréen. Le futur secrétaire d’Etat Blinken avait œuvré activement pour l’accord sur le nucléaire iranien, et le prochain conseiller présidentiel à la sécurité nationale Sullivan était un fervent partisan de cette option. Pour rappel, il s’agit du « Plan d’action global commun (JCPoA) » signé en 2015 sur la base d’une coopération multilatérale. Il propose une dénucléarisation par étapes accompagnée d’une levée progressive des sanctions contre Téhéran. Avec l’arrivée de Biden au pouvoir, les Etats-Unis pourront rejoindre cet accord après s’en être retirés sous la présidence de Trump. Bref, si une telle méthode s’applique au dossier nord-coréen, cela mettra fin à l’approche dite « top down », du sommet vers la base, qui prévalait entre Kim Jong-un et Donald Trump.


Enfin, Séoul se réjouit certes du renforcement de l’alliance avec Washington, mais il redoute de ne plus pouvoir entretenir un rapport privilégié avec la Chine au niveau commercial et avec les Etats-Unis sur le plan sécuritaire. L’administration Biden pourrait l’enjoindre à se rallier entièrement au pays de l’Oncle Sam dans le conflit commercial qui l’oppose à l’empire du Milieu. Vu le contexte, le président Moon Jae-in sera amené à revoir sa copie concernant le processus de paix dans la péninsule coréenne, et il sera urgent pour son équipe de rajuster sa stratégie diplomatique et sécuritaire.

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