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Culture

Table des familles séparées (I)

#Saveur du terroir l 2018-10-02

Séoul au jour le jour

ⓒ KBS

Il y a un peu plus d’un mois, des retrouvailles de familles séparées par la guerre de Corée ont été organisées. Il s’agissait du premier événement du genre depuis deux ans et dix mois. A cette occasion, les participants ont rencontré des proches qu’ils n’avaient jamais vus depuis près de 70 ans en partageant divers repas et en assistant à différents spectacles. 

Cette semaine et la semaine prochaine, « Saveur du terroir » vous invite à découvrir les tables des familles originaires du Nord qui reproduisent les plats qu’ils avaient l’habitude de consommer dans leur ville natale.


ⓒ KBS

Notre première destination est Jeongnong-maeul, dans le comté de Wanju dans la province de Jeolla du Nord. Dans ce village où se sont installés les réfugiés nord-coréens originaires de la province de Hwanghae, on cultive les pêches et les pommes. En effet, les habitants qui avaient vécu de la culture des fruits au Nord étant donné les conditions climatiques appropriées, dont une petite différence de température entre le jour et la nuit et un taux de précipitations bas, auraient choisi de profiter de cet avantage pour gagner leur vie de la même  façon au Sud. A chaque récolte, ils n’oublient pas de prendre les fruits de meilleure qualité pour les offrir à leurs parents laissés de l’autre côté de la frontière.

Lorsque le vent de l’automne frais commence à souffler, les habitants préparent le « hongeojjigae ». Ce ragoût de raie pimenté à base de bouillon de laminaire assaisonné de pâte et de poudre de piment rouge est un plat à la saveur bien profonde rappelant la nostalgie de leur enfance. Quant au « tteodeokbeombeok », il s’agit aussi d’une spécialité de la province de Hwanghae. On pétrit la pâte avec la farine d’hiver et y dépose des haricots rouges. Ensuite on cuit à la vapeur le tout. Ce gâteau traditionnel permettait  d’assouvir la faim lors des temps difficiles. 


Le « jumeokbap », la boule de riz cuit à la vapeur assaisonné simplement avec du sel, était un en-cas distribué aux réfugiés lors de leur déplacement en bateau durant la guerre. Pour des êtres affamés, ce petit mets qui n’a rien de particulier était vraiment succulent. Pour accueillir des invités ou célébrer des fêtes, on avait l’habitude de préparer le « dalonban ». A première vue, ce plat ressemble au poulet farci « samgyetang » considéré comme un plat fortifiant en Corée du Sud. Cependant, après avoir cuit le poulet, on prend seulement la chair, la déchire de manière fine avant de l’assaisonner avec la poudre de piment rouge et de l’ail écrasé. Ensuite, dans le bouillon de volaille, on trempe un bol de riz cuit à la vapeur et une poignée de chair de poulet. Grâce au riz ajouté, ce plat permettait de nourrir beaucoup de personnes rien qu’avec un seul poulet. 


ⓒ KBS

Déplaçons-nous à Gangnae-myeon de la ville de Cheongju dans la province de Chungcheong du Nord. Ici, nous sommes accueillis par Lee Sun-gyu qui a dû se séparer de son mari au Nord seulement sept mois après leur mariage. M. Oh qui était parti pour faire ses exercices militaires pendant 10 jours n’a finalement pas pu revenir au domicile avec l’éclatement de la guerre. Lors des retrouvailles de familles séparées tenues en 2015, le couple avait donc attiré l’attention des médias. L’histoire de 65 années d’attente avait fait pleurer beaucoup de monde. Mme Lee nous prépare quelques plats qu’elle aurait voulu partager avec son mari au Nord. Tout d’abord, le « hobaknip doenjangguk », la soupe de pâte de soja fermenté avec des feuilles de potiron et de pomme de terre. Il y a aussi le « mikkuraji jjageuri » : on fait mijoter les loches assaisonnées de manière pimentée avec divers légumes, notamment les navets qui rendent le bouillon profond. 


Notre voyage culinaire au partage de souvenirs des familles séparées par la guerre fratricide se poursuit la semaine prochaine.

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