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Culture

Les romans policiers (1) – Kim Tak-hwan (10)

2018-01-30

Les romans policiers (1) – Kim Tak-hwan (10)
« Les romans meurtriers », roman policier de Kim Tak-hwan traduit par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel, paru aux éditions Philippe Picquier en 2010.

* Présentation
Un-byeong, le frère cadet de Cheong Un-mong tente en vain de calmer sa mère : la vieille femme continue de se lamenter.

* Extrait (pages 88 à 90)
— Mère, ça suffit, je vous en supplie !
Un-byeong la tira par le bras, mais la vieille femme se cramponna à Chojeong, tel un insecte. Son regard instable se mit à vaciller convulsivement.
— Ne l’emmenez pas ! Prenez-moi à sa place. C’est moi qui lui ai demandé d’inventer des romans. Comme il n’avait pas le droit de se présenter au concours de l’administration, je pensais que ça l’occuperait. Un si gentil garçon ! Il n’a rien fait de mal, il a juste obéi à sa mère. C’est moi que vous devez arrêter.
Yanoi s’interposa enfin pour les séparer. Un-byeong, un bras autour des épaules de sa mère, dit à Yanoi :
— De son vivant, mon frère chérissait les lettrés et les nobles guerriers qui se réunissent au pied de la pagode de Baektap. Il disait qu’avec eux, il pouvait composer n’importe quel poème et discuter de n’importe quel sujet. Mon frère n’était pas un assassin. Aidez-moi à l’innocenter, s’il vous plaît !
Quelle insolence ! songeai-je. Je ne pouvais le tolérer plus longtemps. Porter sur moi un portrait de Cheong Un-mong constituait déjà un délit, mais que la famille du criminel osât proclamer son innocence à tout va, c’était un crime contre la solennité de la loi.
Je vociférai :
— Silence ! Où te crois-tu pour réclamer la révision d’un jugement rendu ? Le coupable a avoué ses crimes, il a reçu un châtiment mérité. Rentre chez toi ! Ou tu te trouveras bientôt dans les geôles de l’Euikeumbu, tu as compris ?
Déconcertés par la sévérité soudaine de mon ton, Un-byeong et Miryeong reculèrent de quelques pas. Ils avaient dû comprendre que je ne faisais pas partie des lettrés de Baektap avec qui leur frère entretenait des liens d’amitié.
— Je suis Yi Myeong-bang, dosa de la Haute Cour. Vous avez le toupet de contester le jugement de l’Euikeumbu ? Et vous croyez pouvoir le faire impunément ? On vient à peine d’exécuter le coupable et d’apaiser la terreur du peuple. Vous vous rendez compte de la gravité de vos actes ? Cheong Un-mong a perpétré des crimes si abjects qu’il méritait d’être décapité dix mille fois. Vous qui êtes de sa famille, vous feriez mieux de quitter la ville et d’aller vous cacher loin d’ici. Ce serait la moindre des politesses à l’égard des victimes. Et au lieu de cela, vous venez vous plaindre de l’injustice du verdict auprès des lettrés de Baektap ? C’est inadmissible ! Disparaissez ! [...]
Tout en tempêtant ainsi, je ne pouvais m’empêcher de tourner le regard vers Miryeong, plantée là, à côté de son frère. Ses épaules frémissaient. Elle pleurait toujours. Elle devait m’en vouloir, croire que j’étais la cause de son chagrin. J’ajoutai d’un ton sévère :
— Rentrez chez vous et faites-vous oublier. Gardez-vous de sortir pendant au moins un mois. Si je vous revois, je vous ferai arrêter sur-le-champ. Compris ? [...]

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