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A la loupe

Lancement du Cadre économique pour l’Indopacifique (IPEF)

#Gros plan sur l'actualité l 2022-05-28

Journal

ⓒYONHAP News

Le Cadre économique pour l’Indopacifique (IPEF) a vu le jour lundi. Le président américain Joe Biden, en visite au Japon, a annoncé le lancement de cette nouvelle alliance. Le chef de l’Etat sud-coréen Yoon Suk-yeol a assisté à la cérémonie d’inauguration par visioconférence.


L’IPEF, initié par Washington, n’est pas un accord de libre-échange visant à supprimer les barrières douanières. Il met en avant les enjeux d’un nouvel agenda : l’économie numérique et les normes technologiques, le rétablissement des chaînes d’approvisionnement, la sortie du carbone et les énergies propres, les infrastructures, et les conditions de travail, entre autres. Ce partenariat compte 13 pays participants : les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Japon, Singapour, l’Inde, l’Australie et la Nouvelle Zélande ainsi que six pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-est (Asean), à savoir la Thaïlande, les Philippines, la Malaisie, l’Indonésie, le Vietnam et Brunei.


Avec l’IPEF, le pays de l’Oncle Sam vise indéniablement à contrecarrer l’empire du Milieu. Pour rappel, si la Chine n’y est pas invitée, les Etats-Unis ne participent pas, de son côté, au Partenariat économique régional global (RCEP), lancé par Pékin. Or, presque tous les autres membres de ce cadre fraîchement créé se retrouvent dans le RCEP, le plus grand accord de libre-échange au monde. Bref, les deux pays tâchent de rallier à leur cause le maximum de nations de l’Asie-Pacifique.


Comme l’IPEF a attiré un plus grand nombre de pays que prévu, son lancement est jugé réussi. Toutefois, son avenir semble encore incertain parce qu’il ne garantit pas encore concrètement les avantages dont les pays membres pourront en tirer, contrairement à un accord de libre-échange. Par ailleurs, l’empire du Milieu a vivement protesté contre cette nouvelle alliance qu’elle considère comme une initiative de « division ». Si Washington et Pékin accentuent leur conflit avec l’IPEF et le RCEP interposés, les autres nations adhérentes risqueront d’être tiraillées entre elles, y compris la Corée du Sud.


Aujourd’hui, la situation géopolitique internationale, notamment avec la guerre en Ukraine, dessine une nouvelle guerre froide divisant le monde en deux blocs. D’une part, l’Occident s’oppose à la Russie en exacerbant le conflit entre l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et Moscou. D’autre part, Washington tâche d’isoler Pékin à travers l’IPEF aussi bien via le Quad ou le Dialogue quadrilatéral pour la sécurité réunissant les Etats-Unis, l’Australie, l’Inde et le Japon.


Avec sa participation au Cadre économique pour l’Indopacifique, la Corée du Sud est confrontée à un défi complexe. Jusqu’alors, elle se rapprochait davantage de son allié américain sur le plan sécuritaire et de son voisin chinois en termes d’échanges commerciaux. Le pays du Matin clair devra tenir un équilibre délicat entre ses deux grands partenaires.

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