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A la loupe

Le spectre d’une crise alimentaire inquiète les spécialistes

#Gros plan sur l'actualité l 2022-06-11

Journal

ⓒYONHAP News

Deux organisations onusiennes ont tiré la sonnette d’alarme sur la crise alimentaire. Et le gouvernement sud-coréen prévoit d’en renforcer la sécurité en la matière.


L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont publié, le 6 juin, un rapport conjoint sur « les points chauds de la faim » tout en appelant la communauté internationale à une action humanitaire urgente. Selon ce texte, la crise alimentaire est imminente suite à plusieurs chocs concomitants tels que les conditions météorologiques extrêmes comme des sécheresses récurrentes, les effets persistants du COVID-19 ainsi que la flambée des prix des denrées alimentaires et des énergies exacerbée par la guerre en Ukraine. Le directeur exécutif du PAM, David Beasley a averti comme suit : « Nous sommes confrontés à une violente tempête qui ne va pas seulement toucher les classes les plus pauvres - elle va également submerger des millions de familles qui jusqu’à présent, réussissaient à peine à garder la tête hors de l’eau ». D’après le rapport de la FAO et du PAM, la situation critique en Indonésie, au Pakistan, au Pérou et au Sri Lanka « n’est que la pointe de l’iceberg », et l’Éthiopie, le Nigéria, l’Afghanistan, le Soudan du Sud, le Yémen et la Somalie restent en « alerte maximale » en tant que points chauds aux conditions catastrophiques.


Cette situation fait craindre la montée du protectionnisme agroalimentaire et la guerre commerciale. D’ailleurs, une telle inquiétude a été exprimée lors du Forum économique mondial de Davos tenu fin mai dernier. Deux cas de figures ont été notamment évoqués : le sucre et l’huile de palme. L’Inde, le plus grand producteur du sucre au monde, a récemment décidé de limiter ses exportations de cette denrée, ce qui a provoqué la flambée des prix. Quant à l’Indonésie, représentant 60 % de la production de l’huile de palme dans le monde, elle a suspendu ses exportations pendant un mois, ce qui a entraîné une pénurie des huiles alimentaires. Selon le Fonds monétaire international (FMI), le pire reste à venir. En Afrique, l’épreuve sera plus dure pour les pays subsahariens qui dépendent des importations pour 40 % de leurs consommations alimentaires. 


La Corée du Sud ne connaît pas encore de problème d’approvisionnement, par exemple, en farine de blé ni en huile de soja. Néanmoins, elle est confrontée à la flambée des prix d’importation. Cela se fait ressentir chez les consommateurs. En un an, les prix des nouilles ont grimpé de 30 % tandis que ceux de la farine de blé et des huiles alimentaires ont augmenté de plus de 20 %. Le ministère de l’Agriculture a annoncé compenser 70 % de la hausse des prix de la farine de blé afin de stabiliser les cours. Il envisage aussi de réduire les droits de douane sur les huiles alimentaires via le dispositif des contingents tarifaires.


Dans la foulée, le pays du Matin clair prévoit de renforcer son autonomie alimentaire à long terme tout en restructurant le système d’approvisionnement hyper-concentré sur le riz. Actuellement, il atteint seulement 20 % d’autosuffisance pour les céréales, et le riz se taille la part du lion. Ce chiffre tombe à 3 % pour les céréales autres que le riz. Dans le but d’assurer la sécurité alimentaire, le gouvernement sud-coréen tâchera, entre autres, d’améliorer les variétés de céréales telles que le blé et le soja.

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