Aller au menu Aller à la page

A la loupe

Le ministre de la Justice Cho Kuk présente sa démission

#Gros plan sur l'actualité l 2019-10-19

Journal

ⓒYONHAP News

Le ministre de la Justice Cho Kuk a démissionné le 14 octobre, quelques heures après avoir présenté une deuxième série de mesures portant sur la réforme du Parquet. Une démission sans doute motivée par le constat que les divers soupçons entourant sa famille et sa personne continuent de faire plonger la cote de popularité du gouvernement de Moon Jae-in et du parti au pouvoir, le Minjoo, et pèsent lourdement sur le déroulement des affaires de l'État.


Lundi, à 14 heures, a été rendue publique la lettre de démission intitulée « Mon rôle de déclencheur de la réforme du Parquet s'arrête là ». Sa démission a immédiatement été acceptée par le président de la République. Dans sa lettre, le désormais ex-garde des Sceaux a affirmé que la réforme du Parquet lui avait toujours tenu à cœur en tant que chercheur et intellectuel et qu'il avait fait de son mieux en tant que conseiller présidentiel aux Affaires civiles et en tant que ministre de la Justice. Il a également souligné qu'il avait simplement voulu jouer le rôle de déclencheur de cette réforme et que son rôle était par conséquent arrivé à sa fin.


La démission de Cho Kuk intervient 35 jours après son entrée en fonction et 66 jours après sa nomination au poste par le locataire de la Maison bleue. C’est peu après sa nomination que divers soupçons de corruption et d'irrégularités impliquant sa personne ainsi que sa famille avaient commencé à émerger, allant de la falsification de documents universitaires jusqu’à des investissements douteux dans un fonds privé, en passant par un coup de pouce donné à l'entrée de sa fille dans une école de médecine. Le Parquet n'a pas tardé à lancer des investigations. Les procureurs ont même effectué une perquisition à son domicile. Son épouse a été convoquée par le ministère public en tant que prévenue. Cho Kuk lui-même risquait d'être interrogé par les procureurs.


Les critiques de l’opposition et des citoyens à son encontre ont été d'autant plus virulentes que ses actes se sont révélés contradictoires avec ce qu'il avait dit par le passé. En effet, quand il était professeur de droit à l'université nationale de Séoul, il n'avait pas mâché ses mots pour critiquer la corruption et les manquements divers des politiciens du camp conservateur. Mais, finalement, ses propos lui sont revenus en boomerang. Ils ont été nombreux à dénoncer cette hypocrisie.


En dépit de la controverse, Moon Jae-in n'a pas retiré sa nomination. Cho lui paraissait l'homme idoine pour mener la réforme du ministère public. Le chef de l'État a affirmé qu'il voulait éviter de créer un précédent où de seuls soupçons puissent conduire à l'annulation d'une nomination. Cette affaire a cependant divisé de plus en plus la population. Les partisans du ministre de la Justice et ses opposants ont continué de manifester dans les rues, chacun de leur côté.


Malgré le départ de Cho Kuk, l'affrontement entre le pouvoir et l'opposition ne semble pas près de se calmer. Le pouvoir entend mobiliser ses efforts pour réformer le Parquet et surtout pour créer une agence chargée d’enquêter sur les hauts fonctionnaires. Les partis d'opposition chercheront à empêcher la mise en place d'une telle agence qui, selon eux, finirait par devenir le siège de la dictature.

Contenus recommandés