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A la loupe

Dans ses vœux du Nouvel an, Moon Jae-in réaffirme sa volonté d’améliorer les relations intercoréennes

#Gros plan sur l'actualité l 2020-01-11

Journal

ⓒKBS News

Le président sud-coréen a présenté le 7 janvier dernier ses vœux du Nouvel an. Dans son allocution, Moon Jae-in a souhaité que les deux Corées déploient leurs efforts afin de réunir les conditions nécessaires pour la visite à Séoul du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un. Pour se faire, il a insisté sur la conduite de projets conjoints permettant aux voisins de consolider leur volonté de réaliser une réunification pacifique. Selon le locataire de la Maison bleue, dans un contexte où le dialogue Pyongyang-Washington piétine au point de mettre en péril les relations intercoréennes, il est urgent de prendre des mesures réalistes visant à débloquer ce dialogue et renforcer la coopération bilatérale.


Le chef de l’Etat a proposé de commencer par le bas avant d’élargir les domaines de coopération. D’abord, il s’agit d’engager des initiatives conjointes dans la zone frontalière, plus concrètement de faire front commun aux incendies, aux inondations, aux épidémies ou aux glissements de terrain qui peuvent se déclencher dans cette zone du 38e parallèle. Ensuite, il est question de renforcer les échanges sportifs comme organiser conjointement les Jeux olympiques de 2032, défiler sous le même drapeau et former une équipe commune aux JO 2020 à Tokyo, et d’accueillir des équipes nord-coréennes lors des championnats du monde d’haltérophilie puis de tennis de table, qui auront lieu, cette année, en Corée du Sud. Enfin, il s’agit de déposer une candidature conjointe aux deux Corées pour inscrire la zone démilitarisée (DMZ), qui les sépare, au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco.


Pour rappel, la venue au Sud du numéro un nord-coréen est déjà inscrite dans la déclaration commune du 19 septembre, prononcée par les deux dirigeants à l’issue de leur sommet à Pyongyang en 2018. L’article 6 stipule comme suit : « Sur l'invitation du président Moon Jae-in, le leader nord-coréen Kim Jong-un a accepté de se rendre à Séoul dans un avenir proche ». Cette promesse n’a pas pu être honorée à cause de l’enlisement des négociations nord-coréano-américaine sur la dénucléarisation de la péninsule, ainsi que des questions liées à la sécurité de Kim Jong-un. Le président Moon sort donc de sa manche cette carte qui semblait enterrée depuis l’échec du sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump à Hanoï en 2019. Ainsi, il ne veut plus laisser les relations intercoréennes à la merci des pourparlers entre les USA et la Corée du Nord, et même inverser le processus, en les renforçant pour en faire une locomotive visant à relancer le dialogue Kim-Trump.


Alors que Moon Jae-in rêverait de jouer un tel rôle de facilitateur, le royaume ermite ne semble pas prêt à accepter son invitation. Ces derniers jours, le pays communiste n’a cessé de hausser le ton à son encontre, qualifiant d’« argutie » le processus de paix dans la péninsule proposée par Moon. Néanmoins, la coopération dans la zone frontalière pourrait aboutir, en ce qu’elle est en phase avec la protection écologique et la lutte contre les catastrophes naturelles prônées par l’homme fort de Pyongyang. La candidature intercoréenne pour inscrire la DMZ sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco semble aussi faisable, étant donné que les deux Corées ont déjà inscrit conjointement le ssireum, la lutte traditionnelle. Quant aux échanges sportifs, il n’est pas non plus impossible d’assister à un volte-face, comme le Nord a fait avant les JO d’hiver de PyongChang 2018.

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