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A la loupe

Séoul enverra des troupes dans le détroit d’Ormuz de sa propre initiative

#Gros plan sur l'actualité l 2020-01-25

Journal

ⓒYONHAP News

Sur fond de tensions au Proche-Orient, la Corée du Sud a décidé d’élargir temporairement les zones d’opération de son unité navale Cheonghae, actuellement en mission anti-pirate dans le golfe d’Aden, au large de la Somalie. Il s’agit d’étendre son champ d’action sur le golfe d’Oman et le golfe persique. L’objectif est d’assurer la sécurité de ses ressortissants et la liberté de navigation maritime dans cette région. C’est ce qu’a annoncé mardi le ministère de la Défense.

Ainsi, Séoul a préféré faire en sorte que son unité mène sa propre mission, au lieu de rejoindre la coalition navale internationale dirigée par les États-Unis, connue sous le sigle IMSC (International Maritime Security Construct). Le ministère a tout de même précisé que celle-ci devrait coopérer avec l’IMSC si nécessaire, et qu’à cette fin, elle dépêcherait ses deux officiers de liaison au siège de la coalition. C’est le 31e bataillon de l’unité Cheonghae qui voit son champ d’intervention s’agrandir jusqu’au détroit d’Ormuz. Il est à bord du destroyer Wang Geon (DDH 978) de 4 400 tonnes. Il dispose d’un hélicoptère anti-sous-marin Lynx et il est composé de quelque 300 militaires, y compris une unité d’élite de la Marine (UDT) chargée du contrôle des navires.

En fait, la Corée du Sud a pris la même démarche que son pays voisin. Le Japon a préféré dépêcher dans ce détroit, « de son propre chef », un destroyer de renseignement et un couple d’avions de patrouille maritime P-3C avec environ 260 militaires. Le pays du Matin clair a choisi un tel compromis en considérant avant tout les intérêts nationaux. Pour le gouvernement sud-coréen, il est vital d’assurer la sécurité dans cette région du monde jugée hautement stratégique, parce que ses navires passent par ce bras de mer plus de 900 fois par an et 70 % de ses importations de pétrole transitent aussi par là. Par ailleurs, il est obligé d’agir dans l’intérêt commun avec son plus grand allié, à savoir les Etats-Unis. Mais en même temps, il doit maintenir ses relations amicales avec l’Iran. D’où la décision de prendre une initiative personnelle.

A l’annonce de cette nouvelle, Washington a aussitôt salué la décision de Séoul. En revanche, Téhéran, qui se disait opposé à tout envoi de troupes étrangères au Proche Orient, a exprimé ses inquiétudes. Le ministère sud-coréen a promis que son pays redoublerait d’efforts pour ménager ses relations avec l’Iran. En Corée du Sud, la plupart des partis politiques se sont montrés favorables à la décision de l’administration Moon Jae-in, même si certains députés exigent une approbation préalable de l’Assemblée nationale pour cet envoi militaire.

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