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A la loupe

Le projet de rachat d’Asiana tombe à l’eau

#Gros plan sur l'actualité l 2020-09-19

Journal

ⓒYONHAP News

Asiana Airlines échappe à son repreneur pressenti. Le groupe Kumho a officiellement annoncé, il y a une semaine, à Hyundai Development Co. (HDC), sa décision de résilier le contrat de rachat de sa filiale d’aviation. Pour rappel, HDC a été désigné, en novembre 2019, comme soumissionnaire préférentiel pour racheter la deuxième compagnie aérienne du pays. Le mois suivant, l’entreprise a signé le contrat de cession d’actions avec Kumho, détenant 30,77 % des titres de sa filiale, pour un montant de 322 milliards de wons, soit 233 millions d’euros, et l’accord avec Asiana Airlines en vue de participer à l’augmentation de son capital réalisée à l’aide de nouvelles actions, de l’ordre de 2 177 milliards de wons, soit 1,5 milliard d’euros. Tout semblait sur les rails. Or, la crise du COVID-19 a complètement changé la donne. En effet, Asiana a vu s’envoler ses dettes et emprunts. HDC a donc exigé une nouvelle évaluation complète de la compagnie à racheter. Au lieu de l’accepter, les créanciers du transporteur aérien et le groupe Kumho ont fait une contre-proposition exceptionnelle de baisser le prix d’acquisition de 1 000 milliards de wons, soit 722 millions d’euros. Mais HDC a campé sur sa position et en conséquence, Kumho lui a notifié la rupture du contrat. Ainsi, le projet de rachat s’est soldé par un échec.


Désormais, Asiana Airlines va de nouveau être placé sous administration judiciaire de ses créanciers, dont le principal est la Banque de développement de Corée (KDB), alors qu’elle a réussi, en 2014, à retrouver son indépendance après avoir mené un plan de redressement signé avec eux en 2010. La compagnie aérienne bénéficiera d’un fonds gouvernemental de 2 400 milliards de wons, environ 1,71 milliard d’euros. 80 % de cette enveloppe lui sera prêté pour qu’elle s'assure un fonds de roulement, tandis que 20 % sera accordé sous forme de cession des obligations convertibles perpétuelles. Les créanciers envisagent de chercher un nouveau propriétaire une fois la situation améliorée sur le marché.


Asiana Airlines en est arrivé là, parce que sa maison-mère, Kumho, a poursuivi une expansion tentaculaire aveugle de ses activités, au point d’acculer sa filiale en manque de liquidités. La compagnie doit désormais à ses créanciers une aide totale de 5 700 milliards de wons, soit 4,1 milliards d’euros. En plus, elle a vu sa ration d’endettement dépasser les 2 000 % et son capital être réduit de moitié. S’y ajoute le prolongement de la crise sanitaire du nouveau coronavirus dont le transport aérien est la plus grande victime parmi les grandes industries. Par conséquent, il ne sera pas facile pour Asiana Airlines de rétablir sa situation, alors que sa survie représente un enjeu crucial au niveau de l’économie nationale. En effet, l’entreprise compte plus de 9 000 employés et dirige deux compagnies aériennes à bas coût.

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