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A la loupe

Condamné à 17 ans de prison, l’ancien président Lee Myung-bak réincarcéré

#Gros plan sur l'actualité l 2020-11-07

Journal

ⓒYONHAP News

L’ex-président de la République Lee Myung-bak est de nouveau derrière les barreaux. Sa réincarcération, lundi dernier, donne suite au jugement définitif qui le condamne à 17 ans de prison ferme pour corruption et détournement de fonds public. Cette peine est assortie d’une amende de 13 milliards de wons, environ 10 millions d’euros, et d’une pénalité de 5,78 milliards de wons, soit 4,3 millions d’euros. La Cour suprême a confirmé, le 29 octobre dernier, le verdict prononcé par la cour d’appel en ce sens.


Le Parquet du district central de Séoul a réincarcéré Lee dans le Centre de détention de Séoul-Est, là où il avait déjà passé environ un an suite à sa condamnation en deuxième instance en mars 2018, avant d’être libéré sous caution. En principe, tout détenu est transféré dans une prison quelques temps après que la sentence a été prononcée. Or, l’ancien numéro un sud-coréen, âgé de 78 ans, pourrait purger le reste de sa peine dans le même centre de détention, compte tenu de son âge avancé et de ses conditions de santé. En quittant son domicile lundi, il aurait déclaré à ses proches qui le raccompagnaient : « On peut m’emprisonner, mais on ne peut emprisonner la vérité. »


L’ancien chef de l’Etat, qui était au pouvoir de 2008 à 2013, a été inculpé de 16 chefs d’accusation par le Parquet en avril 2018. L’enjeu principal, c’était de savoir à qui appartenait DAS. D’après le tribunal et la cour d’appel, Lee Myung-bak était le réel propriétaire de l’équipementier automobile, et il avait forcé Samsung Electronics à payer les frais des procédures judiciaires engagées aux Etats-Unis par son entreprise, de l’ordre de 11,9 milliards de wons, soit 9 millions d’euros. La Justice lui a reproché d’avoir empoché un pot-de-vin de 16,3 milliards de wons, soit 12 millions d’euros, en abusant de son pouvoir. Lee a été accusé également d’avoir détourné 34,9 milliards de wons, soit 26 millions d’euros, des caisses de DAS qu’il contrôlait de facto, afin de constituer un fonds politique illicite.


En fait, tous ces soupçons avaient été révélés en 2007, lorsque Lee était candidat à la primaire de son parti conservateur pour l’élection présidentielle. A l’époque, le Parquet avait mené son investigation contre lui, élu président de la République. Mais il n’avait pas réussi à faire toute la lumière sur l’affaire face à un « pouvoir vivant ». Aujourd’hui, toute procédure judiciaire est close pour ce dossier. Cependant, Lee clame toujours son innocence et dénonce un « règlement de compte politique ». Dans les milieux politiques, certains appellent déjà le locataire de la Cheongwadae Moon Jae-in à accorder une grâce présidentielle au nom de l’unité nationale en faveur de Lee Myung-bak mais aussi de l’ancienne présidente Park Geun-hye, destituée puis emprisonnée depuis quatre ans. D’autres estiment qu’il est trop tôt pour envisager une telle option, d’autant plus que Lee vient tout juste d’être réincarcéré et que le procès ne s’est pas encore terminé pour sa successeure.

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