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Vie pratique

Les tombes coréennes

#Carte postale sonore l 2019-09-14

Entre nous

ⓒ YONHAP News

Nous sommes aujourd’hui en plein congés de Chuseok, la fête des moissons qui a commencé il y a deux jours, le 12 septembre pour se terminer aujourd’hui, le 14. La date exacte de Chuseok était hier, le 13, mais comme on vous l’a déjà expliqué plusieurs fois dans différentes rubriques et émission, la veille et le jour suivant sont déclarés chaumés afin que les familles puissent rentrer dans leur province natale.


ⓒ YONHAP News

A cette occasion, les routes du pays sont toutes bouchées et les embouteillages durent des heures. C’est ainsi la période idéale pour tous les habitants du pays de se rendre sur les tombes de leurs parents et ancêtres. Chuseok et Seollal, le Nouvel an lunaire, sont les deux plus longs congés de l’année et ils sont privilégiés par les Coréens pour ces visites à la mémoire des membres défunts de leur famille. 

Ils s’y rendent avec leurs proches. Et contrairement à ce qui se fait en France, par exemple, ils partagent un repas, assis devant les tumuli, font des offrandes telles que des fruits et de l’alcool est servi aux défunts. Ils partageront un repas en leur compagnie en retraçant leurs jours passés. Le verre d’alcool arrosera finalement le dôme de terre, les être aimés disparus pouvant ainsi le « déguster ». Les vivants se prosternent deux fois devant le tombeau, ils font ce qu’on appelle la grande prosternation afin de montrer leur respect.


ⓒ Getty Images Bank

Précisons bien que ces morceaux de sol bombé, appelés tumuli, recouvrent les tombes. Ils décorent le paysage de la péninsule, vous pouvez en voir énormément sur le flanc des montagnes. Rien à voir avec les tombes que l’on peut voir en France ou ailleurs. De nos jours, ces mises en terre se font de moins en moins, la crémation devenant de plus en plus populaire. C’est d’ailleurs une tendance mondiale.


ⓒ YONHAP News

Certains tumuli ont d’ailleurs été inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco comme les tombes de Songsan-ri situées dans l’ancienne capitale du royaume de Baekje (de -18 à 660 de notre ère), la ville de Gongju. La tombe n°7, qui est aussi la plus célèbre, a été attribuée au roi Muryeong, 25ème roi de Baekje. Parmi les tombes inscrites à l’Unesco, on retrouve aussi celles, royales, de la dynastie Joseon (1392-1910), dont deux sont en Corée du Nord. Sous ces deux tumuli, reposent une reine, Sinui, épouse du roi Taejo, et un roi, Jeongjong, deuxième roi de la dynastie. Ce sont les deux plus anciennes et elles se situent à Gaesong, ancienne capitale du royaume de Goryeo (918-1392).

On ne peut pas parler des tombes coréennes sans parler de Daereungwon qui est un grand espace comprenant de nombreux tumuli. Le parc de Daereungwon se situe à Gyeongju, ancienne capitale du royaume de Silla (de -57 à 935 de notre ère), au sud-est de la péninsule. Là aussi, repose un roi connu, il s’agit de Michu, qui était le 13ème souverain du royaume. Son tumulus porte le nom de Jukjangneung, qui signifie « le tombeau du chef bambou ».


ⓒ YONHAP News

Que ce soit ces tombes royales ou celles des anciens, les Coréens ont le devoir de les entretenir. Et pour cela, ils font ce qu’on appelle le « beolcho », autant en hiver avant l’arrivée du Nouvel an lunaire, qu’à la veille de l’automne avant les congés de Chuseok. Le « beolcho » est une pratique traditionnelle qui consiste en un grand nettoyage du tumulus et de ses alentours. On coupe l’herbe et retire les mauvaises, on le rend de nouveau présentable, à l’image de l’être qu’on a aimé. Certaines familles ne peuvent venir s’occuper des tombeaux en avance, elles font donc appel à des sociétés spécialisées afin que le jour J, le tumulus soit en parfait état.

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