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Cinéma & dramas

Bifan 2019 : foire aux films

#Tout un cinéma l 2019-06-19

Séoul au jour le jour


Le Bifan alias le Bucheon International Fantastic Film Festival 2019 est de retour. Au programme une interessante rétrospective des films de genre en Corée du Sud mais aussi un hommage à l'actrice Kim Hye-soo. Et bien sûr, de nombreux films vus ailleurs dans les festivals internationaux mais dont le visionnage en salle est exclusif au Bifan pour le pays du Matin clair.


*Chronique du cinéma de genre en Corée du Sud

Il est sûr que le « Big Monster Wangmagwi » de 1967 va en scotcher plus d'un sur son fauteuil. On croyait les films de monstres très rares en Corée du Sud excepté le célèbre « Bulgasari » de Shin Sang-ok, tourné d'ailleurs au Nord, mais ce n'est pas totalement le cas. Après, il faut précisr qu'il y a « monstre » et « monstre », surtout avec le réalisateur Kim Ki-young qui voyait les femmes d'un œil étrange. On y verra son « Woman of Water » de 1979 et on se souviendra de son « Insect Woman ». Puis vient l'accélération des temps et des films de genre : les célèbres « Memento Mori » et « A Tale of Two Sisters » de Kim Jee-woon. Mais on est déjà dans des films internationaux et une autre histoire du cinéma. Notons la présence du film « Trio » de Park Chan-wook, rarement projeté.


* Le retour des robots

Les dirigeants ont beau changer les noms, les réalités restent les mêmes : avec toute la promotion autour de la 4e révolution technologique et de l'intelligence artificielle, le cinéma ne s'y trompe pas, il fait revenir sur les écrans les robots, qu'ils soient clonés ou non, électriques, cybernétiques ou a demi biologiques. Du rétro-futurisme donc avec les vieux classiques que sont « Westworld » de Crichton, « Blade Runner » de Scott ou « Forbidden Planet » de Wilcox.


*Vous avez dit sélection ?

Les programmateurs du Bifan ont du mal à ramener des films dans leur sélection officielle, et cela se voit. Ils multiplient les hommages, les rétrospectives et les cartes blanches à d'autres festivals pour compenser le manque. Dans la sélection nommée « Bucheon Choice » notons « We Are Little Zombies » de Nagahisa et encore un japonais avec « Tourism » de Miyazaki. Le Festival de Kaohsiung offre un programme de films en réalité vituelle ou « VR ». La section « World Fantastic Blue », dédiée aux films fantastiques soft offre le très remarquable « The Wind » de Emma Tammi. Mais les enfants vont bien rire avec le programme « Original Beastly Creatures » remplies de grosses bêtes en plastique avec « Godzilla Versus Hedorah » et le légendaire « Terror of Mechagodzilla » et les excellents « Gamera 1, 2 et 3 ».


*La Dialectique peut-elle casser des briques ?

Les films français ne sont pas nombreux, mais il est vrai que le genre fantastique n'est pas le point fort de la cinématographie du pays de Molière. On y verra donc le dernier Claire Denis « High Life ». Denis qui est une habituée des tournages en Corée du Sud. Mais le clou du festival, et ne sait pas trop pourquoi il est projeté là, est le légendaire film du retraité René Vienet « La Dialectique peut-elle casser des briques ? », chef-d'oeuvre de détournement situationniste des années 1970. On y voit des Coréens se confronter aux coloniaux nippons à coups de taekwondo. Film de Hongkong, à l'origine, Viénet, en détournant les dialogues français, en a fait une illustration de la lutte des prolétaires contre les bureaucrates de tous bords. Si on ne sait pas pourquoi ce film est au Bifan, c'est aussi le cas du programme sur les femmes dans la comédie. Le « Gentlemen Prefer Blondes » du jeune Howard Hawks est probablement un méta-film fantastique tout comme le célèbre « When Harry Met Sally » de Rob Reiner. Bref, le Bifan donne à boire et à manger à tous le monde, et c'est ça qui est fantastique.

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