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Cinéma & dramas

La mort de l'actrice Jeon Mi-seon

#Tout un cinéma l 2019-08-14

Séoul au jour le jour

ⓒYONHAP News

L'annonce du suicide supposé de l'actrice Jeon Mi-seon est apparue comme une nouvelle étape dans la longue liste des suicides d'actrices et de vedettes du show-biz. Alors qu'elle faisait la promotion du film « King's Letters » avec Song Kang-ho et qu'elle jouait au théâtre, sa dépression est apparue au grand jour lorsque son manager l'a retrouvé morte dans sa salle de bain. Compétitivité du milieu et vie familiale difficile semblent avoir été les poisons qui ont tué Jeon Mi-seon.


*Des débuts et une première crise de carrière

Jeon Mi-seon a débuté jeune dans les séries télévisées locales à la fin des années 1980. Pour MBC ou pour la KBS, elle a cachetonné quelques années en tentant quelques rôles dans un cinéma qui commençait à se revigorer aux débuts des années 1990. Mais dès la fin de ses sus-dites années 1990, après un second rôle dans le, pourtant, gros succès « Christmas in August », elle décide de lâcher sa carrière d'actrice et de se lancer dans le design et la mode. Malgré son sourire enfantin et son regard malicieux, elle sent que sa carrière d'actrice sera difficile alors que débarque une nouvelle génération de jeunes nymphettes prêtes à tout pour réussir dans une industrie qui déboule au premier plan de la société sud-coréenne.


* Le retour par le cinéma

C'est le film de renaissance crypto-gay « Bumping Jumping of Their Own » en 2001, avec l'acteur vedette Lee Byung-hun qui la remet en selle en tant qu'actrice. Elle rempile en même temps dans les dramas. Notamment « Emperor Wan Gun » pour la KBS qui sera un succès. Mais c'est Bong Joon-ho, alors nouveau venu des auteurs du cinéma local, qui va lui donner ses lettres de noblesse avec les films « Memories of Murder » et, plus tard, « Mother ». Entre temps, en 2005, elle obtient un premier succès dans un premier rôle pour l'étrange « Love is a Crazy Thing ». Alors que le film est présenté comme une comédie, il traite de la crise d'une femme prise dans des problèmes familiaux. Et il résonne, désormais, comme une bande-annonce de la tragédie que Jeon Mi-seon va connaître dans la vraie vie.


*L'enfer du show-biz

Dès 2008, dans la comédie « Babo », Jeon Mi-seon est remisée aux rôles de mère, alors qu'elle n'a que 39 ans. A la télévision, elle accumule les seconds rôles sans voir le bout du tunnel. Une ribambelle de jeunes actrices lui passe devant. A l'instar des danseuses de la K-pop, le grand et le petit écran se nourrissent de jeunes visages. Propulsés par le marketing en haut de l'affiche pendant un an ou deux, ils sont ensuite, pour la majorité, mis au placard et vite oubliés. Comme son dernier appel téléphonique à son père en témoigne, Jeon Mi-seon double son stress d'actrice en mal de carrière d'un stress familial dont on connaît peu de choses. Sa dépression soignée à coup de médicaments est déjà connue de tous dans le milieu du spectacle depuis des années. Les titres de ses deux derniers films résonnent comme des cris d'alarmes : « The Last Ride», « My Last Love ». En 2009, elle avait déjà joué dans une pièce de théâtre intitulée « No Suicide Allow in Spring ».


L'actrice attendra donc l'été, au moment de la sortie d'un blockbuster « King's Letters » qui aurait pu relancer sa carrière. Mais elle n'aura pas la patience d'attendre l'annonce de l'échec de ce même dernier film avant de mettre un terme à sa longue dépression. Son drame va peut peut-être relancer le débat sur les conditions de travail des femmes dans le show-biz mais la vitesse à laquelle les nouvelles passent et trépassent sur les écrans du Big Brother médiatique laisse peu d'espoir de ce côté là.

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