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Cinéma & dramas

Exit or No exit, Sartre n'aurait pas dit mieux

#Tout un cinéma l 2019-08-28

Séoul au jour le jour


La comédie « Exit » de Lee Sang-geun avec les vedettes Jo Jung-seok et Yoona, produite par Filmmaker R&K, société qui était déjà derrière les gros succès de « Veteran » et « Battleship Island », remet le couvert, cet été, avec près de 8 millions d'entrées locales.


*Grimper toujours plus haut

L'histoire d’« Exit » n'a rien à voir avec la pièce de Jean-Paul Sartre, et c'est bien dommage. On peut résumer l'intrigue en disant qu'il s'agit du portrait d'un homme lambda (joué par Jo Jung-seok) qui n'a rien pour réussir dans la vie (il est d'ailleurs au chômage, signe des temps : c'est un nouveau thème récurent dans le cinéma sud-coréen. Ces personnages sont dits « sans boulot », « sans logement » et « sans petite amie ») – mais il a une mère de 70 ans qui s'occupe de lui. Alors qu'un docteur Folamour propage du gaz toxique dans tout un quartier de Séoul, l'homme lambda exploite ses talents de grimpeur hors pair, et se transforme en super-héros pour sauver la sainte famille. Bien sur, il y a une jeune femme qu'il sauve aussi en passant.


* Effets spéciaux à gogo

Il faut noter, que malgré les talents d'alpiniste de notre héros, les effets spéciaux sont spécialement travaillés. Les vues de drone s'en donnent à coeur-joie tout comme l'usage des réseaux dits sociaux. Cela dit, on se demande comment, et sans effets spéciaux, nos héros ne parviennent-ils pas à ouvrir des portes et préfèrent grimper aux murs (peut-être est-ce une métaphore pour l'expression « grimper aux rideaux »). Il s'agit d'une compensation pour le jeu des acteurs malmené par la mise en scène. Notamment, la star de la K-pop Yoona de Girl’s Generation (qui joue la fille à impressionner et à faire grimper aux murs) n'est, évidemment, qu'un faire-valoir du héros. A part le harcèlement de son manager dans le resto dans lequel elle trime, rien pour les féministes qui devront repasser par la case départ.


*Les films catastrophes en vogue

Avec l’apparition de zombies modernes sud-coréens (à distinguer des traditionnels fantômes), les films catastrophes suivent la voie excellente ouverte par des films comme « Deranged » et « The Flu », et tente d'éviter celle du catastrophique « Haeundae ». Et effectivement, le peuple se sent en danger d'à peu près tout. La scène où nos deux héros sur le toit d'un gratte-ciel déclarent que tout est foutu alors que toutes les publicités disaient que le futur serait brillant, et trouvent un échos dans les médias dits sociaux - les sans voix qui sont désormais intégrés dans le Big Brother d'Internet - représente tout un pan de la population qui vit en apnée (des montagnes).


*Yoona et les bons plans du star-system

La présence de Yoona, star de la K-pop, accrédite le fait que les calculs ont du être compliqués lors de la concoction du projet. On voit bien que le scénario n'avait pas besoin d'elle. Potiche entre les potiches, son personnage ne développe même pas la romance qu'on était en droit d'attendre vus les prémisses de l'histoire. Injectée dans le script pour des raisons de financements, la jeune chanteuse a probablement réussi a doper l'audience avec une bonne partie de ses fans. Cela pose la question de ce que sont ces films : des démos pour faire parader les starlettes des compagnies de management, certes ; des « photoshoot » de mode un peu long, sûrement. Heureusement que les producteurs ont pensé au genre du film catastrophe et, même s'ils sont loin de le renouveler, ils évitent la nullité d'un « The Tower ». Cela dit, il faudrait bien arriver à faire mentir les responsables du festival de Locarno quand ils déclarent nuls et non avenus les films de genre sud-coréens.

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