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Cinéma & dramas

Jung Ji-woo : dur de commencer par un Happy End

#Tout un cinéma l 2019-09-25

Séoul au jour le jour

ⓒYONHAP News

Le réalisateur Jung Ji-woo avait marqué l'année 1999 avec son premier long-métrage « Happy End ». Le film avait été sélectionné à la Semaine Internationale de la Critique du Festival de Cannes, la même année. Depuis, Jung a eu une période de vache maigre avant de se manifester régulièrement depuis le milieu des années 2000 pour une carrière en dents de scie.


* Happy End

Jung Ji-woo a pourtant démarré sa carrière dans le long-métrage sur les chapeaux de roues avec « Happy End ». Ce drame conjugal n'avait pas moins que les futures stars Choi Min-sik et Jeon Do-yeon au casting. Myung Films et Lee Eun étaient à la production, et inscrivaient « Happy End » dans le renouveau commercialo-progressiste des films sud-coréens de 1999-2000, des films de critique sociale produits commercialement. Citons « Fantasmes » de Jang Sun-woo, « Peppermint Candy » de Lee Chang-dong ou encore « Interview » de Daniel Byun, tous sortis à peu près à la même période. « Happy End » montrait comment la crise économique asiatique de la fin des années 90 affectait l'intimité des couples. C'était capitalisme et psychiatrie de Félix Guattari et Deleuze au cinéma.


*La scie et les dents

Tout aurait pu basculer en faveur de Jung Ji-woo si « Happy End » avait reçu un prix ou avait été acheté pour une distribution en Europe lors de son passage à Cannes. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Il va donc ronger son frein en tournant le documentaire « If You Were Me » en 2005 produit par La commission coréenne des droits de l'Homme. En ce sens, il reste proche de la mouvance de ses débuts, mais il va vite tenter de rejoindre un cinéma plus commercial avec Cinema Service et la romance « Blossom Again » en 2006. Cette histoire de ressemblance entre amoureux et de futur ex, est un flop au box office. Jung doit rempiler pour Cinema Service et cette fois CJ Entertainment pour un film, « Modern Boy », qui est avant tout une promotion de la nouvelle star Park Hae-il. Et encore une fois, le succès n'est pas vraiment au rendez-vous.


*Le retour

En 2010, Jung est cantonné au rôle de scénariste pour le compte de son ancien très puissant producteur de Cinema Service Kang Woo-suk, passé à la réalisation pour le thriller « Moss ». Cette fois, le succès est au rendez-vous. Les affaires reprennent pour Jung mais sur le mode du cinéma résolument commercial. En 2012, « Eun-gyo », alias « A Muse » avec un Park Hae-il vieillit et la starlette Kim Go-eun est un demi-succès. Adapté d'une nouvelle érotique à scandale mettant en scène un vieux poète et ses fantasmes pour une lycéenne, le film se recentre sur la jeune fille et son portrait de jeune initiée à la manière des films sexistes des années 1960-70.


* La fuite en avant ?

Si on pouvait parler de retour de Jung avec « Moss », le demi-échec de « A Muse » aurait pu lui permettre de rebattre les cartes. Mais il se lance très vite dans la réalisation de « Fourth Place », un conte sur un enfant qui finit toujours quatrième dans les compétitions de natation. Produit à petit budget, le film passe presque inaperçu. Après cette incartade pour le moins impulsive, Jung revient au commercial avec un rip-off d'un film chinois sur les tribulations maffieuses dans les hautes sphères du pouvoir. « Heart Blackned » en 2017 a beau être un film CJ Entertainment avec Choi Min-sik et Park Shin-hye au casting, il sera un échec au box-office. Du coup, Jung n'a que quelques mois pour rempiler dans une sorte de fuite en avant pour se refaire une santé.


Ce sera la romance « Tune in For Love », composée comme un album de chansons nostalgiques des années 1990 et réservée au pseudo-cinéma indépendant des CGV Art-house. Le film a bien démarré au box-office mais se fait coupé l'herbe et l'oseille sous les pieds par le blockbuster hollywoodien « It Chapter 2 ». C'est donc partie remise pour Jung Ji-woo.

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