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Le Busan International Film festival 2019 s’ouvre demain et semble reprendre sa routine habituelle. Voilà le programme.


* Une nouvelle section

Passons rapidement sur les films d'ouverture et de cloture qui ne sont que rarement mis en avant au BIFF. C'est la nouvelle section qui intrigue. Elle s'appelle « Icons ». Il semble que l'idée est de montrer les deniers films de réalisateurs connus. Une façon d'assurer le coup, de capitaliser sur du sans risque, et de dire que les maîtres d'autrefois ne sont pas encore morts. Cela dit, le programme « Icons » s'avère moins clair que son concept. Certes, on y retrouve les vétérans Costa Gavras et Werner Herzog mais les Français Olivier Assayas (encore que...) avec « Wasp Network » et Bretrand Bonnello avec « Zombi Child » sortent, un peu, de la ligne générale. Côté sud-coréen, Bong Joon-ho est un peu vite momifié avec les vétérans. On dirait qu'il faut prendre le nom de la section « Icons » au pied de la lettre, traduisez showcase de personnalités en vue.


*Me Too et c'est tout

L'idée de mettre les femmes en avant était belle – et bien dans la tendance actuelle – mais il n'y aura qu'un focus sur trois d'entres-elles, l'indienne Deepa Mehta, la Malaysienne Yasmin Ahmad, et la Vietnamienne Trinh Minh-ha. Le programme dit bien la chose, il s'agit de « survivantes » du cinéma asiatique. C'est-à-dire celles qui,  peu nombreuses, parviennent à faire plus d'un ou deux films. Car, rien qu'en Corée du Sud, les femmes cinéastes se comptent par dizaines. Malheuresuement, elles cessent rapidement de réaliser, passent dans les bureaux de productions ou dans l'assistanat, ou cesse complètement toutes activités liées au cinéma, rapidement. C'est la société toute entière qui est en jeu et pas uniquement le cinéma et le mouvement Me Too.


*Les 100 ans du cinéma coréen

Annoncé comme l'événement crucial de l'année, les célébratiosn du centenaire du cinéma coréen joue en sourdine. On verra toujours avec plaisir l'énorme « Obaltan » (1961) de Yoo Hyun-mok, le seul film ancien à faire quasiment l'unanimité sur ses thèmes (la misère, la facticité de la société capitaliste) et son esthétique (le néo-réalisme). On imagine que le choix a été difficile pour les autres films, et il faut lier cela à l'hommage au directeur de la photographie Jung Il-sung ; présent avec le « Giallo » rétro « Woman on Fire » de Kim Ki-young (1971) ou sur les plus vigoureux « Hwang Jin-ie » de l'excellent Bae Chang-ho (1986) et l'un des premiers thriller moderne local « Born To Kill » (1996) de Jang Hyun-soo.


* Korean cinema today

Finalement, c'est la section traditionnelle dite « Korean Cinema today » qui offre des surprises, comme rarement. En effet, alors qu'on y retrouvait souvent la plupart des films sortis, avcec succès, durant l'année, cette fois, il semble que des films non sortis y apparaissent en nombre : « Baseball Girl » de Choi Yun-tae, « Family Affair » de Lee Dong-eun, « Gang » de Jo Bareun, etc. et ceci au milieu des succès connus comme « Exit » ou « Extreme Job », et des auteurs réguliers comme Hong Sang-soo et Lee Chang-dong (comme producteur de « Birthday »). Cela voudrait, peut-être dire que les distributeurs locaux finiraient par intégrer le festival dans leurs campagnes globale de promotion. Chose rarement vue (et/ou réussie) et interessante à suivre dans l'après-festival.

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