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Cinéma & dramas

Kwak Kyeong-taek, de « Friend » à « Jangsari »

#Tout un cinéma l 2019-10-16

Séoul au jour le jour

ⓒYONHAP News

Le réalisateur Kwak Kyeong-taek a sorti le mois dernier un nouveau blockbuster « La Bataille de Jangsari ». Avant de s'attaquer aux héros de la guerre de Corée, Kwak a connu de nombreuses batailles, quelques victoires et beaucoup de défaites sur le grand écran. C'est ce que nous allons tenter de voir.


*D'étranges débuts

Les débuts de Kwak Kyeong-taek dans le cinéma sont pour le moins compliqués et loin d'être joués d'avance. En 1997, il a déjà 31 ans et il rentre de New York où il a étudié le cinéma. L'époque est en ébullition : on parle de gros investissements dans le cinéma local et les films de genre. Le débutant n'a pourtant qu'un petit budget pour sa première comédie « 3PM Paradise Bath House » avec une star montante du cinéma érotique local Bang Eun-hee qui deviendra une star des séries télévisées. Ce premier échec, n'empêche pas Kwak d’enchaîner en 1999 avec « Doctor K ». Avec ce film lorgnant vers le genre horrifique, le réalisateur montre son attirance pour les chamanes car il s'agit de l'histoire d'un chirurgien possédé par des esprits pour le moins étranges. Le film s'inscrit bien, cette fois, dans la vague des films de genre qui déferle en Corée du Sud à l'époque. Il se fait une petite renommée en relançant l'horrifique dans un cinéma local encore peu friand du genre.


* « Friends » et le succès

C'est en 2001 que Kwak bat tous les records d'entrées avec le film « Friends ». Originaire lui-même de Busan, il met en scène la camaraderie d'une bande de jeunes galérant entre le port du sud-est et les collines busannaises dans les sombres années 1970. Ils finissent dans les bras de la mafia locale très réputée à l'époque. Ce film, avec la futur star Jang Dong-gun, à la gloire des mafieux à la manière des films de Hongkong des années 1990, lance deux genres : celui des films localisés à Busan, avec des personnages qui parlent le dialecte de la région, et les films positifs sur la vie de gangsters avec une surenchère dans la violence. Le succès est au rendez-vous avec 8 millions d'entrées. Le réalisateur enchaîne avec « Champion » et son acteur fétiche Yu Oh-seong. C'est histoire d'un champion de boxe rappelle trop « Rocky », pour obtenir un véritable succès. Les affaires de Kwak vont se gâter.


*Le passage à vide

A partir du milieu des années 2000, Kwak connaît un passage à vide. Le gros succès de « Friends » est-il répétable ? Avec sa société de production Zininsa et la star Jung Woo-sung, il rempile dans le film de gangster, « Mutt Boy » en 2003. Ce n'est pas un gros succès car les petits films de genre n'ont plus la côte localement, le temps est aux blockbusters. C'est « The King and The Clown » de Lee Joon-ik avec 9 millions d'entrées et « The Host » de Bong Joon-ho avec 11 millions qui vont casser la baraque du box-office. C'est, donc, au début 2005, la ruée à qui réalisera le jack-pot. Kwak n'est pas le seul à se laisser prendre au piège, le célèbre et pourtant mieux averti Bae Chang-ho fera aussi les frais de la ruée au box-office. Kwak, connu pour son conservatisme, s'accoquine même avec les Américains pour « Typhoon » avec les stars Jang Dong-gun et Lee Jung-jae. L'énorme production, avec un gigantesque battage médiatique, s’engloutit dans le typhon qu'il a créé. Il ne fait que 3 millions au box-office et on cherche encore à comprendre de quoi il parlait. Kwak revoit ses chiffres à la baisse et essais de rassurer les marchés avec deux petits films, la romance « Love » et le thriller « Eye for an Eye ». Mais il devient surtout un homme de l'ombre des productions commerciales locales.


* Le retour ?

Kwak enchaîne sur des films sans envergures. En 2013, il tente son grand retour avec le sequel de « Friends » : « Friends : the Great Legacy », dans lequel rempile Yu Oh-seong. Ce sera un échec. L'accent de Busan, et la gloire des gangsters ne suffisent plus à un public qui a accès à une plus grande diversité de films. Il continue comme tacherons sur des thrillers sans oublier d'y inclure un chamane par-ci par-là. C'est finalement « l'heritage film » « The Battle of Jangsari » qui lui permet de revenir aux gros budgets. De quoi parle ce film ? C’es ce que nous allons voir la semaine prochaine.

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