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Cinéma & dramas

#Alive : film d'intérieur

#Tout un cinéma l 2020-07-08

Séoul au jour le jour


Le film de zombies « #Alive » de Cho Il-hyung avec la star Yoo Ah-in est le premier blockbuster à montrer son nez dans les salles obscures sud-coréennes encore sous protection sanitaire contre le COVID-19. C'est aussi une co-adaptation signée par le scénariste américain Matt Naylor et le sud-Coréen Cho Il-Hyung qui est issu de l'American Film Institute. De Yoo Ah-in ou des zombies, qui sera le dernier survivant ? Avant la sortie du super blockbuster « Peninsula » avec d'autres zombies, que nous dit la première vague ?


* Une intrigue réduite au minimum syndical

L'intrigue de « #Alive » ne doit pas être bien plus longue qu’une lettre de suicidé. Un jour, Joon-woo (interprété par Yoo Ah-in), souvent la tête dans ses écrans digitaux découvre qu'un mystérieux virus a dévasté la population aux alentours, tout spécialement sa cité. Le drame, c'est qu'il se retrouve entouré de zombies dont on ne sait rien sauf qu'ils sont dangereux et, surtout, qu'il n'y a plus d'accès au Wifi ni au téléphone portable... une situation pire que la mort, donc. Mais voilà qu'il découvre qu'une femme survit elle aussi dans un « apart » juste en face : c'est le coup de foudre. Yoo-bin (jouée par Park Shin-hye), jeune femme de caractère, capable de nombreuses prouesses physiques, va donc s'associer à notre héro pour se tirer de ce mauvais pas. Pour ce faire, il vont devoir faire preuve d'inventivité en utilisant tout ce qui leur passe sous la main et en se confrontant à des réfrigérateurs ou des pompiers zombies.


*La cité et les zombies

Il apparaît clairement que le film n'est pas une super-production mais quelque chose de plus modeste. Son concept : tourner 90 % de l'action dans une cité d'immeubles typique de la Corée du Sud le permettait. C'est tout là l’intérêt du travail effectué par le réalisateur et son co-scénariste : recycler énormément d'éléments dramatiques (ou comiques) issus des films de zombies récents (au cinéma et à la télévision) afin de les intégrer à un contexte original, celui des célèbres citées d'immenses blocs de préfabriqués numérotés. C'est dans ce décor de panopticon basé sur le modèle des prisons que l'essentiel de l'action se déroule. Si on voit une référence à des films de voyeurs comme « Fenêtre sur cours » de Hitchcock ou surtout « Someone's Watching Me » de Carpenter et « Body Double » de De Palma, c'est surtout le récent film de zombie français « La Nuit a dévoré le monde » de Dominique Rocher qui vient à l'esprit. En effet, il s'agit surtout d'enfermement, de solitude, d'isolement, d'auto-réclusion et de survie à l'aide des objets du quotidien (électro-ménager, etc). On est à deux doigts de la métaphore comme dans « La Nuit a dévoré le monde » sur la séparation sociale comme conséquence de la médiatisation de la société.


*Spackman à l'attaque

La curiosité que représente la co-conception du film par Cho et Naylor sous la houlette de Zip Cinema alias le groupe d'investissement international Spackman Entertainment ne nous a pas échappé. Au départ, Naylo était crédité d'un film nommé « Alone » avec Donald Sutherland. Apparament, le film n'aurait pas eu de distribution après quelques projections. Et donc « #Alive » en serait une sorte de seconde version adaptée pour le marché sud-coréen. N'ayant pas vu l'intégralité du premier film, on peut quand même entrevoir les modifications apportées pour le marché local en dehors des immeubles de bétons caractéristiques (et d'ailleurs spécialement construits sous forme de décors pour le film) : le couple Yoo Ah-in et Park Shin-hye sont mis en avant à la manière des romances sud-coréennes. Même s'ils butent des zombies à longueur de film, Park conserve son maquillage parfait et Yoo son visage poupin et joufflu. Les clins d’œil à un public d'adolescents fans de romances et de zombies sont clairs. Mais « #Alive » n'est peut-être qu'un échauffement, proche de la série B s'il n'y avait deux super-stars locales, avant ce qui est annoncé – depuis longtemps – comme le blockbusters de zombies de l'année : « Peninsula ».

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