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Cinéma & dramas

Night of the Living dead

#Tout un cinéma l 2020-10-28

Séoul au jour le jour


L'habituel blockbuster de Chuseok ne pouvait prétendre à grand chose en temps de pandémie. C'est donc un film avec une plus modeste production qui a tenté de tirer le diable par la queue : c'est donc « Night of the Undead », de Shin Jeong-won avec Lee Jung-hyun en vedette. Sans être à proprement dit un film de zombies malgré son titre ni même une vraie « black comedy », il s'agit cette fois d'une histoire d'aliens buveurs d'essence et dragueurs de night-club pourchassés par des mégères en furie. Tout un programme ! 


* Satire dans tous les coins

Le film commence comme une parodie de sitcom pour femmes au foyer. Lee Jung-hyun interprète une mégère vivant dans un confort artificiel financé par son laborieux mari, interprété par Kim Sung-oh. Mais voilà qu'elle le soupçonne d'avoir une maîtresse. Elle le fait suivre pas un détective privé lunatique. Ce dernier découvre que le mari modèle s’enivre au gas-oil dans les stations services, draguent les filles dans les night-clubs et a été marié cinq fois. Il le soupçonne d'être un membre des « Incassables », une race d'aliens venu voler l'ADN des humains. La marâtre déboussolée, décide, quoiqu'il en soit, de se venger de son époux avec l'aide d'une troupe de furies dont les actrices Seo Young-hee et Lee Mi-do.


*Invasion of alien bikinis et Alice in Easterland

Il apparaît d'emblée dans ce fatras de gags que l'inspiration est venue du célèbre « Invasion of Aliens Bikinis », comédie SF devenue culte au niveau international et qui raconte comme des extra-terrestres se sont transformées en jeune femmes sexy pour aspirer la précieuse semence des humains. L'humour délirant à la sud-coréenne était, enfin, révélé au grand public. Mais on trouve aussi une autre influence liée à l'actrice ( et ex-chanteuse k-pop) Lee Jung-hyun : « Alice in Easternland », une comédie plutôt noire et très satirique où Lee décidait de se venger de ses exploiteurs masculins. Il s'agissait d'un film à petit budget remarqué par la critique mais sans véritable sortie commerciale.


Le personnage de Lee, dans les deux films, sont très proches. Comme dans ses vidéos musicales de l'époque où elle était une vedette inter-asiatique de la k-pop, Lee arborent toutes sortes de déguisements et incarne une femme révoltée et revancharde spécialement contre les hommes. Ce caractère a été, entre-temps, renforcé au niveau disons métaphysique, en faisant d'elle la mère tueuse de zombies dans le blockbuster « Peninsula ». Mais si les deux petits films qui ont influencé « Night of the Undead » avaient l'excuse du manque d'argent, ce dernier a du mal à justifier son aspect de compilation de gags piochés au hasard autour d'un thème qui n'est pas celui de l'invasion de la terre par des extra-terrestres, loin de là.


*Satire anti-masculine

Il est assez, rapidement, clair que le prétexte des aliens envahisseurs sert à une satire anti-masculine. Le groupe de furies vengeresses menée par Lee Jung-hyun en est le symbole. Contre les maris volages, contre leur alcoolisme (même si c'est du gas-oil de station service), etc : tout y passe. Ce serait donc la version sud-coréenne d'un film du mouvement « metoo ». Les hommes sont des aliens délirants et grotesques. Ce qui donne, en fait, les deux meilleurs scènes du film : celle de la fausse soirée d'anniversaire et la rencontre entre la police et le mari extra-terrestre. Les femmes, de leur côté, sont des superwomen dévouées et compétentes à tous les niveaux. Seo Young-hee est une bouchère impeccable. La satire « metoo » tourne court, cependant, assez vite. Après un démarrage tonitruant, le film a du mal à aligner sa série de gags et tourne au « private joke » de reality-show avec les téléspectateurs (on sent ici l'étrange recette de l'étonnant gros succès de « Extreme Job » l'année dernière) : par exemple, le rappeur Yang Dong-kun, pour ceux qui le connaissent, et qui joue les idiots dans plusieurs scènes du film.


Bref, on s'attendait à une suite de « Peninsula » version comédie, ou mieux de « #Alive », on espérait un retour des Aliens Bikinis, mais, las, les « undead » du titre, les morts-vivants, sont plutôt les spectateurs qui, armés de leurs masques et de leur gel alcoolique, ont pris leur mal en patience.

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