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Cinéma & dramas

The cursed dead man etc. etc.

#Tout un cinéma l 2021-10-13

Séoul au jour le jour


Le film « The Cursed Dead Man's Prey » de Kim Yong-wan est la version sur grand écran de la série du même titre télévisée sur TvN l'année dernière. On y retrouve l'actrice Uhm Ji-won toujours aussi impassible, l'excellent Kim In-kwon et, plus surprenant, Kwon Hae-hyo, l'acteur attitré de plusieurs films de Hong Sang-soo. Pourtant, ici, on est loin de l'univers du cinéma d'auteur. De quoi s'agit-il et qui est donc le terrible Dead Man de l'histoire ?


* Dénoncition de l'industrie pharmaceutique

Disons-le d'emblée : on se fait une petite peur dans la première demie heure. On croit être dans un énième film pour adolescents attardés avec des personnages lourdeaux qui sont entourés de surnaturel. Histoire bien connue de centaines de séries. Mais vient, heureusement, une très claire dénonciation des manipulations d'un groupe pharmaceutique. En effet, les fantômes zombifiés qui commentent des meurtres dans la ville ont une mission ; la détective spécialiste du surnaturel alias Uhm Ji-won, en est certaine. Le personnage de Kim In-kwon, qui a bien vieilli, est aussi un spécialiste des zombies du passé, spécialement ceux de l’ancienne dynastie de Goryo et de l'Indonésie. Il remarque que les revenant tueurs sont des cadavres réanimés et portent les stigmates du passé. L'ambiance est chauffée.


* Fantômes en taxi

La seule séquence ou presque valable du film se situe au moment où le chaman vengeur envoie cent corps de revenants tuer le grand chef du groupe pharmaceutique (dont l'ami est l'acteur Kwon qui a du se tromper de film). Ce dernier et ses collègues devant rendre compte de leurs sombres manigances qui ont coûté la vie à une foule de gens dont la fille du gourou. On voit donc ces cent vengeurs cagoulés à la manière de Mister Robot ou des voleurs de Casa del Papel, c'est-à-dire en tenue de rappeurs, attaquer le siège social du groupe. Les flics tentent de les buter, mais les balles ne leur font rien, pire, ils se remembrent à l'envie. La scène, très longue, continue sur l'autoroute par lequel les autorités tentent d'exfiltrer le PDG du groupe. Qu'à cela ne tienne, nos bons fantômes vengeurs les prennent en chasse après une scène d'anthologie. En effet, ils prennent des taxis ! Eh oui, les zombies aussi se modernisent. On n’est pas sûr qu'ils paient leur course surtout qu'ils ont éjecté les chauffeurs. Un constat fatal doit ici être fait, et on en remerciera jamais assez les scénaristes du film : les zombies savent conduire mais pas aussi bien que les flics. Il faudra une sorte de carambolage pour qu'à nouveau à pied, comme dans la tradition, ils finissent par pourrir de vérues le pauvre dirigeant du groupe pharmaceutique.


* Fantômes ou zombies

Les personnages des vengeurs demandent quelques explications. Il y a clairement des références ancestrales aux goules de l'époque du royaume de Goryeo sous influence chamano-boudhiste et qui régna entre le Xe et le XIIIe siècles de notre ère. Dans le cinéma coréen, les personnages de fantômes sont légions. Comme le veut la tradition, ils sont des revenants vengeurs. Mais ils sont plutôt des esprits, des entités multiformes, habités par une intelligence supérieure ou, en tout cas, surnaturelle. Ce qui les différencie des zombies et de leur côté très charnel, sanglant et décérébré.


Dans les films made in Korea des années 1990, le succès des zombies modernes, a été adapté aux fantômes de la tradition. C'est ce qu'on voit ici. La motivation des revenants tueurs est bien une vengeance traditionnelle, un problème de faute impardonnable (bien que les vengeurs demandent au coupable du groupe pharmaceutique de s'excuser publiquement, il s'agit, dans l'univers hindo-bouddhiste, de se condamner à un mauvais karma et à une renaissance malvenue dans le samsara - cycle des vies loin du nirvana).


Mais cette motivation s'incarne dans des zombies attachés à leur corps : ils ne se volatilisent pas mais se remembrent, se réarticulent. De plus, ils ne sont pas spécialement bleus (couleur des fantômes traditionnels) ni même noirs (sauf lorsqu'ils s'autodétruisent) ; ils ont des visages avec des yeux de zombies modernes. La fusion est donc claire.


* L'appel au surnaturel

Revenants vengeurs fusion, journalistes et détectives aussi malins que des battants de porte, certes, mais la morale de cette histoire ferait retourner Voltaire dans sa tombe. En effet, il semble que contre les malversations des grands groupes pharmaceutique, leur brigandage sous protection des lois et des flics, ne puissent être contrecarrées que par l'appel au surnaturel. Il faudrait que des forces magiques noires ou blanches nous arrivent d'un autre monde pour régler les problèmes de celui-ci. Le film ne suggère que des buzz sur Internet, du netizenisme aussi manipulateur que manipulé. Bref, cela laisse donc bien peu d'espoirs aux vivants qui n'ont pas de relations bien placées dans l'au-delà.

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