Le Premier ministre japonais Shinzo Abe est resté flou sur la responsabilité de son pays concernant l’esclavage sexuel des femmes au cours de la Seconde guerre mondiale. Il l’a qualifié de « traite des êtres humains », sans préciser quels en étaient les auteurs.
La déclaration, émise lors d’une interview donnée au Washington Post avant sa visite aux Etats-Unis le mois prochain, semblait être soigneusement calculée. Lui permettant ainsi de ne pas dévier de la position actuelle de son administration et de ne pas, non plus, reconnaître sans équivoque le rôle de premier plan du Japon dans cette atrocité.
La posture d’Abe a clairement refroidi les espoirs de l’entendre formuler des excuses claires et sincères devant le Congrès américain.
« Sur la question des femmes de réconfort, quand ma pensée va à ces personnes, victimes de la traite des êtres humains, qui ont disparu à travers une souffrance incommensurable, au-delà de toute description, mon cœur me fait mal », a déclaré le chef du gouvernement nippon lors de l’entretien de jeudi.
Ces remarques sont similaires à une déclaration précédente de Shinzo Abe sur la question, dans laquelle il a seulement dit, sans émettre d’excuses, qu’il a été « profondément peiné en pensant aux femmes de réconfort ».
Les historiens estiment que jusqu’à 200 000 femmes, principalement en provenance de Corée, qui était une colonie japonaise de 1910 à 1945, ont été forcés de se prostituer pour les soldats Japonais pendant la Seconde guerre mondiale. Mais Tokyo tente depuis longtemps de minimiser ou de déformer les faits.