Un groupe de députés américains a exprimé son opposition à la candidature japonaise à l’obtention du statut de patrimoine mondial pour plusieurs de ses installations industrielles liées à l’exploitation de travailleurs forcés en temps de guerre. Le groupe a également appelé Tokyo à comprendre son histoire s’il voulait voir leur inscription dans un document dévoilé, hier.
Plusieurs sites miniers et sidérurgiques japonais qui ont favorisé l’industrialisation de l’archipel entre 1850 et 1910 sont actuellement en lice pour être intégrés à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Mais ce geste de Tokyo a suscité une controverse internationale, puisque le gouvernement nippon a laissé de côté les années où plusieurs de ces sites ont servi de camp de travail.
Dans un mouvement bipartisan, six membres de la Chambre des représentants, comprenant entre autres le Républicain Chris Gibson et le Démocrate Mike Honda, ont envoyé une lettre conjointe au comité du patrimoine mondial, jeudi, où ils le somment de demander au gouvernement Abe de modifier sa demande.
Le comité du patrimoine est l’organe de l’Unesco qui prend la décision d’ajouter de nouveaux sites dans la liste du patrimoine mondial.
En effet, le Japon n’a pas inclus l’histoire des prisonniers de guerre alliés pendant la Seconde guerre mondiale. Et cette omission est inacceptable pour ces députés américains qui ajoutent que Tokyo doit reconnaître de son plein grès que son armée a utilisé des prisonniers de guerre comme travailleurs forcés.
Le groupe a également fait remarquer que des milliers de femmes et d’hommes coréens avaient été enrôlés de force dans l'armée nippone et affectés à des travaux considérés comme forcés. Cela s’est passé pendant la période où la Corée était sous domination coloniale japonaise de 1910 à 1945.
Selon la lettre, il y avait 26 camps de prisonniers dans cinq des huit régions retenues pour faire partie de la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, où plus de 13 000 prisonniers de guerre des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, d'Australie et d’autres pays ont été exploités pour fournir de la main d’œuvre à des géants industriels japonais tels que Mitsui, Mitsubishi, Sumitomo ou encore le Groupe Aso.