Séoul a déclaré, hier, qu’une entreprise japonaise, tristement célèbre pour sa pratique du travail coercitif pendant la Seconde guerre mondiale, devrait essayer de panser les plaies de « toutes les victimes », pas seulement des Chinois ou des Américains.
Pour rappel, Mitsubishi Materials vient d’accepter de présenter ses excuses et de verser une indemnité à 3 765 Chinois pour les avoir exploités en temps de guerre. Et la semaine dernière, la multinationale nippone a également demandé pardon aux soldats américains qui une fois capturés, avait été réduit en esclavage.
Mais les victimes coréennes restent apparemment ignorées, ce qui attise un important mouvement de colère sur Internet. En effet, la Corée a subi la domination coloniale brutale du Japon de 1910 à 1945 et plus de 200 000 Coréens ont été forcés de travailler dans les mines de charbon de l’archipel, des chantiers navals et d’autres installations.
Malgré le ressentiment massif des internautes qui considèrent que Tokyo pratique le deux poids deux mesures, Séoul garde la tête froide et aborde la question avec calme.
« Le gouvernement sud-coréen pense qu’une mesure doit être prise pour guérir les blessures dans les esprits de toutes les victimes qui ont été emmenées de force et ont servi de main-d’œuvre au cours de la Seconde guerre mondiale », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un bref communiqué.
En réalité, selon les responsables, il est difficile pour Séoul de s’exprimer sur ce dossier épineux, étant donné qu’une douzaine de poursuites judiciaires sont actuellement en cours en Corée du Sud.