Après l’accord sur les femmes de réconfort trouvé lundi entre Séoul et Tokyo, la classe politique est divisée. D’autant plus que les intéressées le jugent incomplet et que le gouvernement semble chercher par tous les moyens à faire passer la pilule.
Lors d’une conférence du Saenuri, la majorité au pouvoir, l’un de ses députés Chung Byung-kook a mis en cause le manque de communication avec ces victimes d’esclavage sexuel dans les négociations avec le Japon et la modalité de dédommagement. Pour lui, on pourra dire que la question a été réglée, seulement lorsqu’elles accepteront l’accord. Il a toutefois salué une importante avancée, expliquant que dans la diplomatie, il ne peut y avoir une entente qui satisfasse tout le monde.
Sa collègue Kim Ul-dong s’est ralliée à lui pour affirmer que le dossier n’est pas encore clos. Du coup, elle a exhorté le gouvernement à faire des efforts substantiels jusqu'à ce que ces femmes, encore en vie, considèrent le traité de lundi comme une excuse sincère de Tokyo.
Dans le camp d’en face, Moon Jae-in, le patron du Parti Minjoo de Corée (PMC), le nouveau nom officiel du Parti démocrate, s’est carrément prononcé contre l’accord et l’a même déclaré invalide, invoquant l’absence de l’approbation du Parlement. Selon lui, il en a bien besoin, puisqu’il s’agit d’un traité en vertu duquel la population doit renoncer à ses droits.
Le numéro un de la première force de l’opposition a également dénoncé un accord « bâclé et humiliant ». Et d’affirmer que la présidente Park Geun-hye a été prise à son propre piège diplomatique, en faisant de la solution du dossier un préalable à l’amélioration des relations avec l’archipel.