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International

Indemnisation des victimes de travail forcé : le Japon tente de tirer le débat à son avantage

Write: 2019-09-13 14:34:35Update: 2019-09-13 15:30:28

Indemnisation des victimes de travail forcé : le Japon tente de tirer le débat à son avantage

Photo : YONHAP News

Le secrétaire général du gouvernement japonais Yoshihide Suga a déclaré hier que tout avait été réglé lors de l’accord bilatéral de 1965 concernant les demandes de réparations liées à la période coloniale. Selon lui, Tokyo a déjà apporté à Séoul des aides financières, que ce soit contre paiement ou à titre gracieux, dont le montant total était 1,6 fois plus important que le budget national de la Corée du Sud à l’époque.

Dans sa ligne de mire se trouve le verdict de la Cour suprême sud-coréenne, qui a ordonné à des entreprises nippones d'indemniser des victimes coréennes de travail forcé pendant la Seconde guerre mondiale.

Pour le porte-parole du gouvernement de Shinzo Abe, l’accord bilatéral de 1965 a tout réglé de façon définitive et complète. Il doit donc être respecté par les pouvoirs judicaires et administratifs. Suga prétend ainsi que la décision de la plus haute juridiction sud-coréenne relèverait de sa violation, et que Tokyo demande par conséquent à Séoul de rectifier le tir conformément à la loi internationale.

Suga chercherait ainsi à semer la confusion dans la communauté internationale, en soulignant qu’un accord entre les deux pays et une loi nationale ont le même effet. Or, le véritable enjeu n’est pas là. Il s’agit en réalité de savoir si l’accord bilatéral inclut et annihile le droit de demander l’indemnisation à titre individuel ou non.

Par ailleurs, il revient à la plus haute juridiction d’interpréter définitivement un accord ou une clause de la loi. Yoshihide Suga semble ne pas avoir bien compris le principe de séparation des trois pouvoirs, ou bien tout simplement de l’avoir ignorer intentionnellement afin de manipuler l’opinion publique.

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