Le groupe Samsung, le premier conglomérat sud-coréen qui vante parfois sa gestion sans syndicats, est justement soupçonné d’avoir cherché à empêcher leur création.
La députée Shim Sang-jeong, membre d’une petite formation d’opposition, a révélé aujourd'hui un document de 150 pages venant appuyer cette thèse. Selon Shim, le groupe aurait rédigé ce document début 2012 et l’aurait distribué à ses cadres. Dans une partie consacrée à la stratégie sur les relations patronat-ouvriers, il est mentionné que le personnel impliqué dans la création d’un syndicat est susceptible d’être soumis à un contrôle sur la nature de ses intentions, une étape préalable à son possible licenciement.
Par ailleurs, en ce qui concerne l’évaluation des cadres et des administrateurs du groupe, leur qualité de gestion du personnel est l’un des atouts de leur promotion. Et la raison d’être d’un éventuel comité consultatif patronat-ouvriers consisterait à empêcher à terme la fondation d’un syndicat.
De son côté, le groupe Samsung a coupé court aux arguments de la députée. Selon lui, la rédaction de ce document avait pour but de mettre en place une entreprise plus saine sans avoir besoin de recourir aux syndicats.