Les représailles économiques de la Chine contre la Corée du Sud, qui a décidé d’accueillir sur son sol le THAAD américain, ont bel et bien touché l’industrie touristique du pays du Matin clair.
A en croire les données publiées aujourd’hui par la Banque de Corée, en avril, les recettes dites ordinaires du voyage ont totalisé 990,6 millions de dollars, en baisse de 11,3 % sur un mois. Il s’agit du plus bas niveau depuis juillet 2015. Les Chinois avaient alors déserté Séoul et la Corée du Sud pour cause de l'épidémie du MERS coronavirus qui y était apparue deux mois plus tôt.
Ces recettes ordinaires sont les dépenses des étrangers lors de leur voyage, non pas pour leurs études ou stages dans le pays. Petit rappel, le nombre d’arrivées chinoises a commencé à chuter fortement en mars dernier.
La baisse de ces recettes augmente sans surprise le déficit touristique. En avril, celui-ci s’est élevé à 1,01 milliard de dollars. Il a ainsi dépassé la barre du milliard de dollars pour le deuxième mois de suite.
Sa progression s’explique aussi par l’engouement des sud-Coréens pour les voyages à l’étranger. En avril, un peu plus de 2 millions d’entre eux sont partis hors des frontières. Soit une hausse de 22 % en glissement annuel. Leurs dépenses ont elles aussi grimpé. Elles ont bondi de 19 % par rapport à il y a un an pour se monter à plus de 2 milliards de dollars.
Précédemment, la banque centrale de Corée avait prévu que les mesures de rétorsion prises par l’empire du Milieu en avril feraient tomber de 0,2 point de pourcentage la croissance économique du pays et perdre aussi environ 25 000 emplois.