A l'occasion du 30e anniversaire du tout premier témoignage eu public d'une ancienne femme de réconfort, une manifestation a été organisée samedi dernier, heure locale, sur la place de la Résistance à Berlin.
Le 14 août 1991, l’ex-wianbu Kim Hak-sun a osé parler publiquement de l'esclavage sexuel perpétré par l'armée japonaise durant la Seconde guerre mondiale. Elle est la première sud-Coréenne à l’avoir mis au grand jour.
Lors du rassemblement du week-end dernier, Nguyen Thu du « groupe de travail pour les wianbu » sous l'égide de Korea-Verband, une association sur la Corée basée en Allemagne, a expliqué que grâce à feu Kim Hak-sun, le silence avait été brisé par les 238 victimes sud-coréennes. Et d'ajouter que les témoignages sur cette violence sexuelle se sont succédé dans de nombreux pays tels que la Corée du Nord, la Chine, Taïwan, l'Indonésie, les Philippines et les Pays-Bas.
La militante vietnamienne a également fustigé le gouvernement japonais qui, au lieu de présenter de sincères excuses ou de procéder à des dédommagements, ne fait que cacher ou nier la vérité.
Marwa Al Aliko, une militante yézidie, s'est elle aussi jointe à la manifestation. Elle a témoigné en public pour dénoncer l'esclavage sexuel perpétré par l'Etat islamique contre son peuple. En août 2014, Daech a attaqué la ville de Sinjar, en Irak, tué 5 000 Yézidis et enlevé 6 000 femmes pour en faire des esclaves sexuelles.
Pour Al Aliko, les victimes doivent briser le silence, parler, échanger et coopérer afin que cette tragédie ne se reproduise.
L’événement a rassemblé une cinquantaine de représentants de Korea-Verband, du Réseau contre les féminicides et de la coalition internationale des organisations féministes, entre autres. Les manifestants ont scandé des slogans appelant à la paix et à la responsabilité.