Désormais, l’expression « femmes de réconfort au service de l’armée », qui désigne les victimes de l’esclavage sexuel perpétré par l’armée impériale nippone pendant la Seconde guerre mondiale, disparaîtra des manuels scolaires du Japon. De plus, concernant les Coréens qui furent obligés de travailler dans l’archipel sans salaire pendant le conflit mondial, les mots « emmenés de force » ont été remplacés par « mobilisés de manière coercitive » ou « réquisitionnés ».
D’après l’agence de presse locale Kyodo News, le ministère japonais de l’Education a entériné, hier, la demande de modification de ces termes déposée par cinq éditeurs pour leurs 29 livres scolaires d’histoire ou de géographie.
Cette approbation intervient cinq mois après que le gouvernement de Tokyo a exprimé officiellement son soutien, le 27 avril, à la proposition d’un député ultranationaliste en ce sens.
Cependant, « femmes de réconfort au service de l’armée » figure bel et bien dans le document officiel publié par le gouvernement japonais le 4 août 1993, intitulé « discours de Kono ». Dans ce texte, Yohei Kono, qui était à l’époque le porte-parole de l’administration nippone, avait exprimé des excuses à l’égard des « wianbu au service de l’armée ». Mais depuis, le camp de droite ne cessait de réclamer la modification de cette expression auprès du ministère de l’Education, comme celle-ci sous-entend que les victimes ont été emmenées contre leur gré par l’armée.